Intérêt

En finance, l'intérêt est la rémunération d'un prêt, sous forme le plus souvent d'un versement périodique de l'emprunteur au prêteur.


Catégories :

Crédit - Taux d'intérêt - Finance

Définitions :

  • Les intérêts correspondent au coût d'emprunt. Généralement, ils sont payés au prêteur sous forme de versements périodiques, combinés au remboursement du capital (montant du prêt). (source : hsbc)
  • Les intérêts représentent les charges dues pour un emprunt de fonds. Ils sont le plus souvent exprimés sous forme d'un pourcentage annuel. Lors de l'achat de CFD, vous empruntez habituellement de l'argent pour une opération.... (source : fr.saxobank)

En finance, l'intérêt est la rémunération d'un prêt, sous forme le plus souvent d'un versement périodique de l'emprunteur au prêteur.

Pour le prêteur, c'est le prix de sa renonciation temporaire à une consommation. Pour l'emprunteur, c'est un coût correspondant à une consommation anticipée.

Une épargne rémunérée par un intérêt est assimilable à un prêt, l'emprunteur étant la banque ou l'organisme bénéficiaire de cette épargne.

Calcul de l'intérêt

Article détaillé : taux d'intérêt.

L'intérêt est proportionnel au capital et au temps couru. Il est calculé par application d'un pourcentage annuel, nommé le taux d'intérêt. Ce taux peut être fixe ou ajusté d'une période à l'autre selon une formule d'indexation. Dans ce cas, il peut être révisable (fixé en début de chaque période) ou variable (déterminé à la fin de chaque période). Il fluctue selon l'inflation et du risque sous-jacent au capital financé, c'est la prime de risque.

Modalités de versement

L'intérêt est

Avantages et inconvénients

Diverses critiques au fil du temps ont porté tant sur les intérêts eux-mêmes que sur le crédit et la monnaie, accusés de concert d'appauvrir certains au profit d'autres. En fait les économies prospères s'appuient beaucoup sur un secteur de l'épargne et du crédit aussi développé que performant. L'un des facteurs de développement économique est la mise en place d'un tel dispositif.

Une surveillance des pratiques en ces domaines est cependant indispensable, d'où des dispositions dans divers pays visant tant à protéger l'épargnant qu'à éviter des taux usuraires pour l'emprunteur.

Points de vue religieux

Dans l'Antiquité, on pratiquait[Qui ?][réf.  nécessaire] des taux d'intérêt particulièrement importants. Il pouvait arriver que, à la mort d'un débiteur, le créancier diminue en esclavage ses enfants[réf.  nécessaire]. C'est pour réagir à cette situation que la législation juive a introduit des interdictions au prêt à intérêt dans le Pentateuque.

La Bible condamne résolument la pratique du prêt à intérêt ou usure. Cet interdit est exprimé dans l'Ancien Testament, au vingt-troisième chapitre du Deutéronome (23-19) [1] : «Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, intérêt d'argent ou intérêt de nourriture, de toute chose qui se prête à intérêt.» Le verset suivant (23-20) ajoute cependant une restriction importante : «Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger, mais tu n'en tireras point de ton frère, pour que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession.» L'interdiction du prêt à intérêt figure aussi dans l'Exode (22-24), le Lévitique (25, 35-37) et Ezéchiel (18, 8 ; 13, 7 ; 22, 12). Les rabbins juifs ont réagi à l'interdiction biblique en codifiant les choses dans le Talmud de Jérusalem au IVe siècle, et dans le Talmud de Babylone au VIe siècle, qui apportent de grandes innovations sur l'organisation sociale, surtout les taux d'intérêt, l'usage des lettres de change, et les limites du profit en introduisant la notion de prix juste. La hallakha (jurisprudence rabbinique) autorise de charger l'intérêt aux non-juifs mais interdit de se prêter avec intérêt entre coreligionnaires allant jusqu'à recommender fortement la remise de dette chaque schmitta

Dans le Nouveau Testament, la formulation de cet interdit est moins explicite. Dans l'Évangile selon Luc, les versets suivants mentionnent le prêt sans parler explicitement d'intérêt : «et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, pour recevoir la pareille.» Puis, «Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Particulièrement Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants.» Dans les Évangiles, les passages mentionnant l'argent sont particulièrement nombreux. Ils encouragent le don aux pauvres selon le principe de charité, ou condamment sévèrement ceux qui ne font pas fructifier leurs talents, dans la parabole des talents. L'utilisation de l'argent n'est pas condamnée, à condition que cela ne soit pas une fin, mais uniquement un moyen, ce qui rejoint la conception judaïque. Dans l'Évangile selon Saint Luc n'est-il pas affirmé : «Si vous ne prêtez qu'à ceux dont vous espérez restitution, quel mérite? Car les pêcheurs prêtent aux pêcheurs pour recevoir l'équivalent»[2].

Si le droit romain autorisait le prêt à intérêt, l'Église catholique romaine l'interdit à ses fidèles, le droit canon prenant appui sur la Bible. En Occident, l'interdiction du prêt à intérêt est intégrée au droit laïc sous Charlemagne et perdure pendant tout le Moyen Âge. Elle est critiquée par quelques théologiens et juristes au XIIIe siècle. Le droit canon s'appuie sur la critique de la chrématistique par Aristote : pour le philosophe grec, l'argent ne devait pas pouvoir "faire des petits". L'interdit est partiellement contourné au cours de la période médiévale. Les Juifs pratiquent le prêt à intérêt en vertu du verset 23-20 du Deutéronome : «Tu peux charger intérêt à un étranger, mais pas un frère israélite» (23-20) [3]. Philippe Auguste expulse les Juifs, puis les réintègre en 1198 et autorise le prêt à intérêt. L'interdiction est rétablie sous Louis VIII en 1223.

La Réforme protestante, par la voix de Jean Calvin surtout, a contribué à la levée progressive de l'interdit du prêt à intérêt dans les pays européens. Sous la plume de Calvin, dans sa lettre sur l'usure [4], en 1545, le protestantisme justifie la légitimité de l'intérêt : le capital a un «caractère de bien immédiatement productif» et l'intérêt prend ainsi un caractère licite.

Les lois contre l'usure ne sont officiellement[réf.  nécessaire] abrogées dans ces pays qu'au cours du XIXe siècle, le plus fréquemment. En France, le prêt à intérêt a été totalement libéralisé au début de la Révolution française. La législation canonique condamnera le prêt à intérêt jusqu'en 1830 et que le Vatican n'a rendu licite le prêt à intérêt qu'en 1917 [5].

Dans le Coran, prohibition de l'intérêt résulte du verset 275 de la seconde sourate du Coran : «Dieu a rendu licite le commerce et illicite l'intérêt». La dénonciation de la pratique de l'intérêt se retrouve aussi au verset 39 de la Sourate Ar-Rum (Les Romains)  : «Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens aux dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès de Dieu, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la face de Dieu (Sa satisfaction) … Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées.» Un hadith de Mahomet expose les règles du commerce légal. Ce hadith a une portée générale parce qu'il vise six produits dits ribawi : l'or, l'argent, le blé, le froment, les dattes et le sel. Tout échange de produit semblable (or contre or, blé contre blé) avec un avantage pour une personne forme une opération usuraire, sauf en ce qui concerne les avantages résultant de l'échange de produits de nature différente (or contre blé). Si l'islam continue toujours de faire valoir cet interdit auprès de ses fidèles, force est de constater qu'il est contourné avec créativité par les commerçants et banquiers musulmans. Le soukouk est une obligation où l'intérêt sous-jacent ne dit pas son nom étant reconnu comme une quote-part de profits futurs garantis. Dans la mousharaka, la banque participe au financement de l'acquisition d'un bien immeuble et le remboursement obéit à un tableau d'amortissement qui comprend, hormis le capital principal, les «bénéfices» tirés par la banque pour cette opération. Il existe un nombre croissant de banques islamiques, y compris dans des pays occidentaux, offrant ces produits financiers dits islamiques.

Sources

Note

  1. Deutéronome, 23 :19, 20
  2. Évangile selon Saint Luc, 6, 34-35
  3. Deutéronome, 23 :19, 20
  4. lettre sur l'usure de Calvin en 1545
  5. Codex iuris canonici, c. 1735.

Voir aussi

Liens externes

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"Gestion des conflits d'intérêt"

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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