Inflation

L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie. Elle est généralement évaluée au moyen de l'Indice des prix à la consommation.



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Définitions :

  • augmentation générale des prix. (source : edito-matieres-premieres)
  • Accroissement excessif de la masse monétaire d'un pays. Ce terme veut dire aussi la course des prix et des salaires qui essaient de se... (source : immoweb)
  • Situation économique dans laquelle les prix des biens de consommation augmentent, d'où une érosion du pouvoir d'achat. (source : migfx)

L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie[1][2]. Elle est généralement évaluée au moyen de l'Indice des prix à la consommation (IPC).

En général, on parle de l'inflation des prix à la consommation des biens et services, mesurée à qualité identique. L'inflation est un phénomène persistant, autœntretenu, qui touche la totalité des prix (avec une amplitude variable) [2].

Estimation des taux d'inflation dans le monde, pour l'année 2005

Définitions

Selon la conception d'origine et conformément à l'étymologie - le terme inflation provient du latin "inflatio" soit enflure -, l'inflation a en premier lieu été reconnue comme l'enflure de la masse monétaire en circulation, essentiellement des billets en circulation : il y avait inflation lorsque la banque centrale émettait trop de billets[3]. Il n'y avait par conséquent pas de construction de richesse d'où la hausse des prix. La conséquence directe de l'inflation était dans ce cas l'augmentation des prix. Actuellement on associe en particulier cette conséquence (d'origine) de l'inflation à sa définition.

L'inflation est la «hausse généralisée et durable du niveau général des prix»[2]. Elle se traduit par une baisse du pouvoir d'achat de la monnaie, ainsi qu'à un taux de croissance différent entre valeur nominale et valeur réelle.

Employé seul, le terme d'inflation fait référence à l'unique hausse de prix des biens de consommation, à l'exclusion de la hausse des prix des actifs (financiers, immobilier, …). Quand on parle de l'augmentation des prix de l'immobilier, des actions, des fonds de commerce ou autres actifs, on doit dans ce cas préciser que l'inflation se rapporte au niveau des prix de ces actifs.

La stabilité des prix décrit la situation où la hausse des prix est durablement particulièrement faible ou nulle, désormais ainsi l'incertitude des agents économiques à un niveau faible.

La déflation est une baisse des prix, par conséquent le contraire de l'inflation. C'est un phénomène qui peut être généralisé à l'économie ou spécifique à un secteur économique volatil (p. ex. déflation du marché immobilier), durable (quelquefois sur une décennie), autœntretenu, parce qu'il modifie les anticipations des agents économiques. Comme le phénomène historiquement le plus habituel (du moins dans la période contemporaine) est bien l'inflation, on parle quelquefois aussi d'une inflation négative.

La politique de déflation essaie de désenfler la masse monétaire c'est-à-dire faire en sorte que la monnaie soit forte pour qu'il y ait une désinflation de la masse monétaire (où le taux d'escompte de la banque centrale est élevé).

La désinflation, quant à elle , est une baisse du taux d'inflation, qui reste positif. A titre d'exemple, si pendant des années l'inflation s'est localisée à 10 % en moyenne et que l'inflation des années suivantes baisse à 7%, puis 5%, puis 2%, on parlera de phénomène désinflatoire. Quand l'inflation approche de zéro, on risque un passage en déflation.

La stagflation consiste en la concommittance d'une croissance faible ou alors négative, avec un niveau élevé d'inflation.

La définition de l'inflation comme la hausse des prix est assez récente en langue française. Jusque dans les années 60 ce terme désignait un excès de moyens monétaires comparé à l'offre. Ainsi Gaël FAIN définit dans "Le Dictionaire des Sciences Economiques" PUF 1956 l'inflation comme "un excès de la demande solvable sur l'offre la hausse des prix en étant la conséquence".

Augmentation durable de l'inflation

L'inflation dépend en grande partie du comportement des agents économiques ; si les agents anticipent que les prix vont augmenter, dans ce cas les prix risquent effectivement d'augmenter.

Les entreprises qui pensent que les coûts de production, dans lesquels rentrent les prix de l'économie en général, vont augmenter, peuvent augmenter le prix de leurs produits pour se mettre à l'abri de pertes éventuelles.

Comme le coût de changement des prix de vente (le «coût d'étiquette») est assez élevé, les entreprises ne peuvent pas modifier souvent leurs prix et sont obligées de se baser sur leurs anticipations d'inflation qui sont incertaines.

Une hausse des prix importante mais de faible durée ne provoquera pas d'augmentation durable de l'inflation car elle ne modifiera pas les anticipations des agents.

Conséquences

En général, le salaire moyen augmente aussi vite, ou alors plus vite, que l'inflation[réf.  nécessaire] ; les salariés ne perdent par conséquent pas en pouvoir d'achat. De même, les minima sociaux et les pensions de retraite sont indexés sur l'inflation, et leurs pouvoirs d'achat ne diminuent pas.

Une inflation élevée est néfaste pour l'économie : elle induit des «coûts d'étiquette», mais en particulier modifie le comportement des agents économiques, pouvant entraîner une perte de confiance dans la monnaie.

Une inflation élevée se répercute généralement sur les prix à la production de l'économie, et par conséquent, à taux de change constant, entraîne une baisse de la compétitivité-prix.

Théorie économique générale, inflation et monnaie

Le développement suivant fait appel à l'équation d'Irving Fisher (avec M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau des prix et T le nombre de transactions pendant une période donnée).

M \times V = P \times T

La fonction principale de la monnaie est de permettre des transactions monétaires (par opposition au troc). Trois paramètres fixent la quantité de monnaie nécessaire :

- Si la population échange deux fois plus de biens de consommation, comparé à une situation de référence, elle a besoin de deux fois plus de monnaie (à vitesse de circulation de la monnaie constante) pour ce type de transaction. Compte tenu de la faiblesse du marché d'occasion des biens de consommation, on peut approximer la mesure des échanges à la mesure de la production et par conséquent à la croissance économique.

- Si la population échange deux fois plus d'actifs, soit qu'elle en produise plus (investissement dans des outils de production), soit qu'elle échange plus fréquemment le stock d'actifs existant (le stock de maisons, d'actions, d'œuvres d'art circule de façon plus rapide), elle a besoin de deux fois plus de monnaie (à vitesse de circulation de la monnaie constante) pour ce type de transaction.

Comme la monnaie est l'étalon universel de valeur, sa valeur relative est fixe et toujours identique à un, ce qui n'apporte aucune information sur la valeur «absolue» de la monnaie. Pour contourner la difficulté et estimer la valeur de la monnaie, on utilise comme référence la valeur d'échange en biens de consommation associée à cette même monnaie mais à une époque antérieure, et on s'intéresse à sa variation relative (un pourcentage, positif quand l'ancienne monnaie avait une valeur inférieure)  : c'est l'inflation.

Par extension, on peut mesurer les variations de la valeur d'échange de la monnaie en actifs et mesurer une inflation des prix des actifs.

On peut aussi utiliser comme référence un bien supposé stable (c'est-à-dire un bien dont le besoin, ou la demande globale reste constant), comme l'or ou une devise étrangère connue. La majeure partie étant de pouvoir mesurer «ce qu'on peut obtenir avec telle quantité de monnaie».

L'inflation est par conséquent un indicateur important pour l'économie, relié directement

L'inflation et le risque d'inflation sont deux éléments qui entrent pleinement en compte dans les décisions des consommateurs, des dirigeants d'entreprise et des gouvernements : la possibilité de l'inflation représente un risque pour les agents économiques (ou une opportunité pour les agents endettés, dont la valeur de la dette diminue).

Calcul de l'inflation

Icône de détail Article détaillé : Indice des prix à la consommation.

Pour mesurer l'inflation, on observe un «panier» pondéré de biens, représentatifs de la totalité des biens consommés. Ces biens sont répartis parmi les différents secteurs d'activité de l'économie. Les pondérations de ce panier de bien sont définies par la consommation des différents biens (de consommation) par les agents. On construit ainsi un indice des prix à la consommation qui permet d'apprécier la variation du coût de la vie pour les consommateurs, et par conséquent la valeur de la monnaie dans ses aspects les plus concrets pour les citoyens.

On nomme taux d'inflation la variation en pourcentage de cet indice sur une période donnée : si le prix moyen du «panier» est passé de 100 à 102, l'inflation est de (102-100) /100 = 2/100 = 2%.

On peut distinguer deux notions concernant le niveau de consommation d'un ménage :

  1. Le pouvoir d'achat. Quand l'indice des prix baisse, le pouvoir d'achat des consommateurs augmente (on suppose un revenu stable).
  2. Le niveau de vie. Quand le revenu d'un ménage augmente, son niveau de vie augmente (on suppose ici un indice des prix stable)

Le niveau de vie représente le point de vue d'un ménage (revenu global) alors que le pouvoir d'achat le point de vue d'un seul revenu. La différention peut sembler cependant particulièrement formelle, et on utilise fréquemment le terme de pouvoir d'achat pour recouvrir les deux (le pouvoir d'achat d'un ménage dépendant dans ce cas de deux facteurs, son revenu et l'indice des prix à la consommation).

Par extension, si les prix des actifs (actions, immobilier) baissent, le pouvoir d'investissement des ménages et des entreprises augmente (on suppose ici un revenu stable).

Inflation et quantité de monnaie

Si la quantité de monnaies en circulation reste fixe, l'inflation moyenne n'est nulle que si la quantité de biens disponibles et le nombre d'échanges réalisés ne fluctuent pas.

Historiquement, l'inflation et la déflation ont plus souvent été déterminées par les variations de la quantité de monnaie que par l'abondance des marchandises (la théorie néoclassique montre que les prix servent de variable d'aprécisément aux déséquilibres entre l'offre et la demande de biens).

Théoriquement, l'inflation peut par conséquent être la conséquence logique des deux cas suivants :

A contrario, pour que l'économie connaisse une désinflation (baisse relative de l'inflation) ou a fortiori une déflation, deux facteurs principaux entrent en compte :

Le gouvernement ou la banque centrale peuvent adopter une politique monétaire restrictive : destruction de titres fiduciaires ou hausse des taux d'intérêts ou de réescompte des crédits bancaires accordés par la banque centrale (la quantité d'argent créée par le crédit est dans ce cas réduite). Les banques privées peuvent réaliser tout à coup qu'elles ont collectivement trop prêté, par suite d'une concurrence excessive. Elles diminuent dans ce cas simultanément leur offre de crédit, plusieurs agents économiques font faillite, des banques à leur tour font faillite, il en résulte une réduction de la masse monétaire.

En pratique, l'État et la banque centrale ont une certaine capacité à stabiliser la valeur de la monnaie, ou à l'adapter aux obligations économiques (favoriser les exportations, limiter les importations, augmenter le pouvoir d'achat, mercantilisme, etc. ). Les banques et le marché financier sont d'autre part soumises à des évolutions endogènes, passant par des booms de crédit (favorable à l'inflation) suivis de krachs (favorables à la déflation).

Les pouvoirs publics ont une prédilection pour l'inflation. En effet la déflation conduit et passe fréquemment par des faillites en série. La déflation correspond fréquemment à une phase de récession de l'économie (phase B du cycle de Kondratiev) caractérisée par une incorrection de la production comparé aux besoins réels et un défaut d'investissement, ce qui induit logiquement une baisse de la production et des salaires. La déflation est par conséquent fréquemment associée à une baisse du pouvoir d'achat ainsi qu'à l'augmentation du chômage keynésien (demande insuffisante sur le marché de l'emploi). Les possibilités de relance proposées par Keynes s'appuient sur la stimulation de la demande (en vue d'effets d'entraînements notoires sur la totalité de l'économie) financée par l'État, qui peut provisoirement s'endetter et admettre un déficit budgétaire dont la résorption future est anticipée. Voir keynésianisme.

Hyperinflation

Icône de détail Article détaillé : Hyperinflation.

L'hyperinflation est une inflation extrêmement élevée échappant à tout contrôle. Elle entraîne en général une forte récession économique. Phillip Cagan la définit en 1956 comme une période pendant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus de 50% par mois.

Inflation et choix économiques

L'inflation agit directement sur la qualité des investissements. Un exemple sert à saisir le problème.

Alain, Bertrand et Claude investissent à l'année n 100 000 (peu importe l'unité) dans un bien (par exemple une maison), dont ils se servent pendant un an, puis revendent (à l'année n+1). Supposons que les conditions économiques soient différentes pour les trois individus (zone monétaire, époque), le taux d'inflation est par conséquent différent.

Conséquences de l'inflation
Individu Valeur d'achat (monnaie année n) Valeur de revente (monnaie année n+1) inflation (taux) Valeur de revente (monnaie année n)
Alain 100 000 90 000 -20% 112 500
Bertrand 100 000 102 000 +2% 100 000
Claude 100 000 105 000 +10% 95 455

Le calcul naïf compare les valeurs en monnaie courante, sans tenir compte de l'inflation. Il semble alors que Claude a fait la meilleure affaire. Mais cela ne tient pas compte du fait que, à cause de l'inflation (ou, dans le cas d'Alain, de la déflation), ces trois personnes ne pourront pas acheter les mêmes biens de consommation avec la même quantité de monnaie : Alain pourra acheter plus, Bertrand et Claude moins. Pour gommer cet effet, il faut raisonner en monnaie constante, en déduisant l'inflation, et il apparaît alors que la meilleure affaire a été faite par Alain.

D'un autre coté, il faut bien voir que l'inflation ne dit rien de l'évolution des prix de l'immobilier ou des actions. Si les trois personnes veulent consommer leur argent, dans ce cas Alain a fait la meilleure affaire. Par contre si ces trois personnes veulent l'investir, dans ce cas il faudrait regarder l'évolution de l'inflation des prix des biens de capital et surtout de l'immobilier. Si par exemple durant la même période le prix d'un fonds de commerce a augmenté de 30% dans les trois pays et que les trois personnes veulent acheter un fond de commerce, dans ce cas les trois ont perdu de l'argent durant cette période. C'est exactement pour cela qu'il ne faut pas penser que l'inflation du prix des biens de consommation suffit à donner une évaluation de la valeur de la monnaie. L'indice général des prix des biens de consommation ne fait que donner la valeur de la monnaie en équivalents biens de consommation, il ne dit rien de l'équivalent en biens de capital. Or le plus fréquemment le prix des biens de consommation n'évolue pas à la même vitesse que le prix des biens de capital.

Distorsions économiques

Jusqu'au début du XXe siècle, l'inflation est restée inconnue (non pas qu'elle n'existait pas, mais elle n'était pas mesurée ni prise en compte) et la coutume était de fixer les loyers en monnaie fixe et pour longtemps (quelquefois même à perpétuité). Quand la valeur de la monnaie chutait, des montants de loyers (par exemple «1 sou») ne représentaient plus qu'un montant ridicule, pour le plus grand bénéfice des tenanciers et la ruine des possédants (généralement les nobles), avec l'ensemble des conséquences sociales. À d'autres périodes plus rares et plus courtes, les gouvernements, en restaurant la valeur de la monnaie, ont au contraire suscité des émeutes et même des révoltes, un loyer raisonnable se transformant en charge ruineuse.

Les évolutions de l'inflation peuvent ainsi créer des distorsions économiques

Enfin, les humains raisonnent et tiennent compte de tout cela, en sorte qu'ils finissent par donner une importance énorme aux anticipations (ce qu'ils croient, ou alors ce qu'ils pensent que les autres croient) de l'inflation future. C'est tout spécifiquement le cas dans les périodes d'hyper-inflation, quand la méfiance s'installe et se développe, de sorte que les acteurs, anticipant une dévaluation accélérée, exigent des augmentations de revenus qui nourrissent l'hyper-inflation et valident les anticipations les plus pessimistes.

Causes économiques de l'inflation

L'inflation est un phénomène sensible dans l'ensemble des sens du terme. En effet, chacun d'entre nous se rend compte que les prix ont une tendance naturelle à augmenter (pensez au prix de la baguette ou du ticket de métro). Mais c'est un phénomène sensible pour les politiques puisque l'inflation est un signe de bon ou mauvais fonctionnement économique, avec l'ensemble des conséquences électorales.

Et néenmoins, malgré son importance, les causes de l'inflation sont toujours le sujet de nombreuses controverses. En effet, la même conséquence peut résulter de fonctionnements économiques radicalement opposés. Ainsi :

De sorte que même s'il y a accord théorique sur le fait que telle situation économique génère telle évolution de l'inflation, il y a encore plusieurs interprétations envisageables à l'inflation mesurée, conduisant à des mesures radicalement opposées.

Voici les causes les plus fréquemment admises :

Voici une autre cause admise par un petit nombres d'économistes et le Club de Rome :

Conséquences de l'inflation

Il y a deux types de conséquences :

  1. Conséquences de l'inflation pour les ménages
    • Les conséquences positives
      • gains comme débiteurs, l'inflation a pour effet d'alléger la dette en cas d'emprunts à taux fixes ;
      • globalement, l'ensemble des ménages qui peuvent indexer leur revenus sur l'inflation.
    • Les conséquences négatives
      • pertes comme épargnants si l'épargne n'est pas indexée, les intérêts réels deviennent faibles, ou alors négatifs (cas des livrets Caisse d'épargne dans les années 1970), dévalorisation du patrimoine financier ;
      • globalement l'ensemble des ménages qui ne peuvent indexer leur revenus sur l'inflation
  2. Conséquences de l'inflation pour les entreprises
    • Les conséquences favorables
      • l'inflation facilite les investissements car elle augmente la marge d'autofinancement et allège la charge de remboursement (en cas d'emprunts à taux fixes), les entreprises ont intérêt à s'endetter ;
      • effet de levier sur la rentabilité des capitaux propres.
    • Les conséquences défavorables
      • biaise le calcul économique, investissements pas forcément adequats ;
      • si indexation des salaires, hausse des salaires et baisse de la rentabilité économique (cas des années 1970)  ;
      • alourdissement du poids de l'endettement ;
      • signification des comptes modifiés, illusion monétaire et risque d'amenuisement des actifs réels de l'entreprise ;
      • l'exportation est plus complexe et les produits importés sont favorisés.

Émetteurs et détenteurs de monnaie

L'inflation pouvant être vue comme une perte de valeur de la monnaie, elle a des conséquences négatives pour les agents détenant de la monnaie. Inversement, si elle provient d'une création ex nihilo de monnaie, l'inflation est la conséquence d'une augmentation de la richesse de l'émetteur de monnaie, État, banque, acteur sur le marché financier ou faux-monnayeur. L'inflation peut dans ce cas être reconnue comme un impôt frappant la détention d'encaisses réelles.

En réaction à ce transfert, particulièrement utilisé dans les années 1970, la majorité des États ont abandonné la possibilité d'émettre directement de la monnaie au profit d'une banque centrale indépendante. L'État ne bénéficie dans ce cas de l'inflation que comme débiteur.

Débiteurs et créditeurs

Quand un créditeur (par exemple une banque) et un débiteur (par exemple un ménage) sont liés par un taux d'intérêt fixe, l'inflation facilite le débiteur au détriment du créditeur. Considérons un ménage qui emprunte à sa banque une somme S au taux d'intérêt de 8%, remboursable l'année suivante. Si l'inflation est nulle la banque touche l'année suivante S (1 + 0, 08) , directement comparable à la somme S prêtée. Avec une inflation de 3%, la banque touche toujours S (1 + 0, 08) , mais cette somme achète l'année du remboursement moins que ce qu'elle aurait acquis l'année du prêt. Plus exactement, elle correspond à (1+0,08)(1-0,03)S \approx (1+0,05)S de l'année du prêt. En termes réels, le débiteur rembourse par conséquent d'autant moins que l'inflation est forte.

On rencontre ainsi des situations où l'inflation est supérieure au taux d'intérêt nominal. Alors, le taux d'intérêt réel est négatif, c'est-à-dire qu'on gagne de l'argent à emprunter, ce qui alimente toujours l'inflation.

Face à une menace d'inflation, le créditeur ne peut qu'imparfaitement se couvrir, l'inflation étant un phénomène aléatoire. Il peut dans ce cas soit avoir recours aux dispositifs de couverture financière, surtout les swaps de taux d'intérêt pour les relations déjà établies, et demander dans les nouvelles relations des garanties, par exemple des contreparties du prêt peu sensibles à l'inflation (hypothèque sur un bien, valeur indexée sur l'inflation) ou un taux de remboursement indexé sur l'inflation.

En termes de finances publiques, l'inflation diminue de la même manière le poids de la dette pour les États, et a quelquefois été délibérément utilisée à cette fin. Pour se couvrir, les investisseurs en dette publique demandent fréquemment une prime de risques quand l'État débiteur est suspecté de vouloir recourir à cette méthode, ou le remboursement dans une monnaie ou un panier de monnaie non contrôlable par l'État débiteur.

Un cas spécifique de créditeur perdant à l'inflation est celui du titulaire d'une rente fixe. Pour cet agent, la valeur de sa rente diminue par rapport à l'inflation sans possibilité de couverture. Les périodes de haute inflation du XXe siècle en France (années 1920, années 1960) ont conduit à la quasi-disparition des rentiers, qui ont vu leur revenus réels laminés par les taux d'inflation.

Revenus du travail

Quand elle n'est pas anticipée (en absence d'indexation ou de renégociations salariales), l'inflation diminue les revenus réels du travail, et donc le coût réel de la main-d'œuvre. C'est une des raisons expliquant l'existence d'une relation négative entre inflation et chômage, mise en évidence par la courbe de Phillips : la baisse du coût réel de la main-d'œuvre entraîne une baisse du chômage. L'inflation est aussi en lien avec l'expansion de la masse monétaire, généralement due à l'accroissement des crédits accordés par les établissements financiers (ce phénomène intervient généralement en période de demande soutenue).

Inflation et allocation des ressources

Indépendamment des effets ci-dessus, principalement redistributifs, l'inflation a des coûts pour la totalité de l'économie, liés à des difficultés d'allocation efficace des ressources et aussi des gains, liés à l'irrationalité sur les marchés financiers.

Inflation et incertitude

Tout d'abord, le niveau de l'inflation ou sa progression n'ont pas de conséquences directes sur l'économie. Si les agents savent que l'inflation sera de 3% pour les années à venir, ils intégreront cette évolution dans leurs contrats, conduisant à une allocation des ressources semblable à une situation sans inflation.

Cependant, l'inflation dépend fréquemment de décisions discrétionnaires, que les agents peuvent difficilement anticiper correctement. Par conséquent, l'inflation fait peser un risque sur toute décision d'investissement ou de prêt, réduisant les incitations à des investissements productifs. Cet aspect doit cependant être mis en balance avec l'effet négatif de l'inflation sur les investissements à revenus fixes, comme les rentes ou les emprunts d'État. En limitant la rentabilité de ces titres, un taux élevé d'inflation encourage la substitution vers les investissements à rendements liés à l'activité économique, généralement plus productifs en termes d'emploi et de création de richesses.

Inflation et dette

Les banques centrales ont généralement pour objectif de lutter contre l'inflation. L'un des instruments préférés des banques centrales est la fixation d'un taux d'intérêt de base, nommé taux directeur. Les variations du taux directeur sont répercutées par les institutions financières sur leurs taux d'intérêt commerciaux (proposés aux entreprises, aux ménages, etc. ) Schématiquement, quand la banque centrale augmente le taux directeur, cela renchérit le coût des emprunts pour les entreprises, ménages etc. Quand cela coûte plus cher de s'endetter, les agents économiques (entreprises, ménages, etc. ) ont tendance à freiner ou à différer leurs achats (qu'il s'agisse de biens d'investissement ou de biens de consommation durable), d'où un ralentissement de la progression de la demande globale. Le ralentissement de la demande a généralement pour effet un ralentissement de la hausse des prix (c'est-à-dire une baisse de l'inflation). Inversement, la baisse du taux directeur facilite l'endettement, stimule la demande et peut conduire à la hausse de l'inflation. (Cependant, la baisse du taux directeur est généralement pratiquée en période de ralentissement économique pour relancer l'investissement et soutenir la consommation de biens durables, afin d'éviter une récession. )

Inflation et friction

Dans un article de 1985[4], l'économiste Gregory Mankiw montre que les agents peuvent hésiter à ajuster toujours leurs prix face à l'inflation quand cela a un coût, même particulièrement faible, pour eux (l'auteur prend l'exemple du coût de changer les prix sur les menus des restaurants, qu'il faut faire réimprimer). Les agents n'ajustent dans ce cas l'allocation de leurs ressources qu'avec un retard. L'auteur montre que ces retards ont des conséquences importantes sur l'allocation d'ensemble des facteurs, conduisant à d'importantes inefficacités.

Le point de vue macro-économique : inflation et mesure du PIB

La richesse créée au cours d'une année dans un pays donné est mesurée par le PIB. Quand le PIB est calculé avec les prix valables au cours de l'année reconnue ("à prix courants" ou "en valeur"), on parle de PIB nominal. Si le PIB est exprimé avec les prix d'une année passée prise comme référence (par exemple, les prix de l'année 2000), on dit dans ce cas "PIB à prix constants, base 2000" (on dit aussi "PIB en volume").

Par définition, on a la relation suivante :

le taux de croissance des prix étant synonyme de l'inflation.

En pratique, on utilise fréquemment la formule simplifiée :


Prenons l'exemple suivant (les chiffres sont fictifs bien entendu)  :

En 2000, pour couvrir les besoins d'une famille "moyenne", il faut dépenser 20000 euros. L'année suivante, pour couvrir les besoins de la même famille "moyenne" avec les mêmes produits et services (on les appellera "le panier de la ménagère"), il faut dépenser 21000 euros. On a par conséquent un taux d'inflation (ou taux de croissance des prix, ce qui revient au même) de 21000 / 20000 - 1 = 5%.

Supposons qu'il n'y ait pas d'importations et que toute la production des entreprises soit consommée par les ménages ou exportée dans d'autres pays (on suppose qu'il n'y a pas d'investissement, de variation de stocks ni de dépenses des administrations publiques). En 2000, les entreprises ont produit 80 millions de "paniers de la ménagère", dont une partie ont été consommés dans le pays et l'autre partie exportés et consommés à l'étranger. En 2001, 82 millions de paniers ont été produits.

Il est clair qu'une partie de la hausse du PIB nominal est due à l'augmentation de la production (croissance réelle) et que l'autre partie est due à la hausse des prix (5%, calculée plus haut). Quelle est la croissance réelle ?

On retrouve les deux relations mentionnées ci-dessus :


Icône de détail Article connexe : Valeur nominale et valeur réelle.
Icône de détail Article connexe : Produit intérieur brut.
Icône de détail Article connexe : Comptabilité nationale.


En pratique, l'arbitrage entre les différents effets de l'inflation conduit la majorité des économistes à estimer qu'un taux d'inflation stable proche des 2% est un signe de bon fonctionnement d'une économie développée.

L'inflation psychologique et l'illusion monétaire

Icône de détail Article détaillé : Illusion monétaire.

On a tendance à se plaindre de l'inflation de certains produits et services non industriels (plombier, boulanger). Néenmoins ces prix n'ont suivi que l'inflation, on croit que le prix du pain par exemple augmente depuis vingt ans alors qu'en fait ce sont les prix de l'ensemble des autres objets qui ont diminué, on croit par conséquent naturellement que le prix du pain a augmenté. En effet l'ensemble des autres produits bénéficient de la hausse de la productivité (nouvelles machines) et de la baisse des prix liée, alors que le pain lui est produit toujours de la même façon, à peu de chose près.

A noter d'autre part qu'oublier de tenir compte de l'inflation, par exemple dans l'évolution des revenus, est un biais cognitif, connu de l'économie comportementale, nommé illusion monétaire (en biens de consommations). L'illusion monétaire existe aussi pour les biens de capital. Par exemple les consommateurs se considèrent plus riches quand le prix de leur maison augmente, parce qu'ils envisagent l'hypothèse où ils la vendraient contre des biens de consommation, sans penser qu'ils devraient dans ce cas se loger. Pour se reloger, ils devraient dans ce cas acheter une autre maison (plus chère aussi), ou louer (loyer plus chers).

Monétarisme

Le courant monétariste, d'inspiration libérale, a été initié par l'économiste américain Milton Friedman, «prix Nobel» d'économie 1976. Les monétaristes voient la monnaie comme élément neutre de l'économie à long terme, cette dernière ne devant être qu'un voile dans les échanges (exogène au dispositif).

Le rôle par contre actif qu'elle joue à court terme lui confère une tendance inflationniste : selon la formule d'Irving Fisher, la masse monétaire influe sur le niveau général des prix. Une création excessive de monnaie génère de l'inflation.

École autrichienne

L'École autrichienne définit l'inflation d'une façon différente de la majorité des économistes. Selon elle , tout indice de prix est arbitraire. C'est pourquoi, pour elle , l'inflation est simplement une hausse de la masse monétaire supérieure à la croissance économique et la déflation une croissance monétaire inférieure à la croissance économique. Pour les autrichiens par exemple il n y a pas eu la moindre désinflation dans les années 1980. En effet la masse monétaire a continué à croître aussi vite que par le passé. Les autrichiens sont hostiles à toute création monétaire privée ou publique. Ils sont partisans d'une monnaie marchandise (par exemple l'or) et d'une lente déflation, le stock de monnaie restant constant durant la croissance économique.

Synthèse néo-keynésienne

Selon la Synthèse néo-keynésienne, de manière approximative, la monnaie est neutre à long terme, mais pas sur le court terme[réf.  nécessaire].

Notes et références

  1. La Banque centrale européenne - L'Eurosysteme - Le Dispositif européen de banques centrales, http ://www. ecb. int/pub/pdf/other/escb_fr. pdf, page 33
  2. abc définition de l'inflation sur le site de l'INSEE
  3. Lien direct : Vidéo explicative sur l'inflation crée par la BCE Lien officiel vers le site de la BCE
  4. "Small menu costs and large Business Cycles : A Macrœconomic Model of Monopoly", G. Mankiw, Quaterly Journal of Economics, Mai 1985

Voir aussi

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :




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