Inflation

L'inflation est une baisse durable de la valeur de la monnaie, qui se traduit par une hausse globale du niveau général des prix.


Catégories :

Inflation - Taux d'intérêt - Finance

Définitions :

  • (f. )  : déséquilibre économique caractérisé par la hausse des prix et l'accroissement de la circulation de la monnaie. (source : haverford)
  • émission excessive de monnaie (ici l'assignat) qui ne correspond pas à une augmentation parallèle des riches- ses disponibles. Dans ce cas, la monnaie se déprécie car, avec une même quantité de monnaie, on peut acheter moins de choses : les prix augmentent. (source : bremond-sitefamille.ifrance)
  • Phénomène lié à la dépréciation monétaire, ou encore à la hausse des prix. Une forte inflation diminue le pouvoir d'achat d'une personne qui dispose d'un revenu fixe (salaire ou rente) (source : secoia)
Estimation des taux d'inflation dans le monde, pour l'année 2005

L'inflation est une baisse durable de la valeur de la monnaie[1][2], qui se traduit par une hausse globale du niveau général des prix. C'est un phénomène persistant qui touche la totalité des prix[2], auquel se superposent les variations sectorielles des prix. On l'évalue à partir des variations des prix à la consommation des biens et services, mesurée à qualité égale. En France, l'inflation est évaluée au moyen de l'indice des prix à la consommation (IPC).

Notion économique des plus importantes, l'inflation des prix reste un phénomène à propos duquel les économistes n'ont que peu de consensus : il y a débats sur ses conséquences (qui sont même quelquefois reconnues comme positives), sur ses causes, mais aussi sur les objectifs et les moyens de les atteindre ; les controverses sont attisées par l'importance concrète pour toute la population de l'inflation et des mesures prises pour la contenir, suscitant des interventions politiques.

Définitions

Aujourd'hui, c'est cette conséquence de l'inflation (au sens d'origine) qui est le plus fréquemment admise comme sa définition. L'inflation est par conséquent «la perte du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix»[2]. Cependant on doit noter que la définition de l'inflation comme la hausse des prix est assez récente en langue française. Jusque dans les années 1960, ce terme désignait un excès de moyens monétaires comparé à l'offre. Ainsi Gaël Fain définit dans "Le Dictionaire des Sciences Economiques" PUF 1956 l'inflation comme "un excès de la demande solvable sur l'offre la hausse des prix en étant la conséquence".

Mesures de l'inflation

Article détaillé : Indice des prix à la consommation.

Pour mesurer l'inflation, on observe un «panier» pondéré de biens représentatifs de la totalité des biens consommés. Ces biens sont répartis parmi les différents secteurs d'activité de l'économie. Les pondérations de ce panier sont définies par la consommation des différents biens par les agents économiques. On construit ainsi un indice des prix à la consommation qui permet d'apprécier la variation du coût de la vie pour les consommateurs, et par conséquent la valeur de la monnaie dans ses aspects les plus concrets pour les citoyens.

On nomme taux d'inflation la variation en pourcentage de cet indice sur une période donnée : si le prix moyen du «panier» est passé de 100 à 102, l'inflation est de (102-100) /100 = 2/100 = 2%.

On peut distinguer deux notions concernant la consommation d'un ménage :

  1. Le pouvoir d'achat concerne un revenu. Pour un revenu donné, il baisse avec l'inflation. Il se calcule en divisant le revenu par l'indice des prix. On parle aussi de salaire réel.
  2. Le niveau de vie concerne un ménage. Il ne dépend pas que des revenus, mais également des dépenses (surtout, pour un revenu donné, le fait de devoir payer son logement ou non fait une grosse différence dans le niveau de vie envisageable)

La distinction peut sembler cependant particulièrement formelle, et on utilise fréquemment le terme de pouvoir d'achat pour recouvrir les deux, le pouvoir d'achat d'un ménage dépendant alors de deux facteurs, son revenu et l'indice des prix à la consommation.

Par extension, si les prix des actifs (actions, immobilier) baissent, le pouvoir d'investissement des ménages et des entreprises augmente, en supposant un revenu stable.

Impact de l'inflation sur la mesure du PIB

La richesse créée au cours d'une année dans un pays donné est mesurée par le PIB. Le PIB nominal (ou à prix courants ou en valeur) est calculé avec les prix valables au cours de l'année reconnue. Mais cette façon de mesurer fait croitre le PIB avec l'inflation, ce qui n'est pas l'objectif (si l'ensemble des prix doublent, le PIB double aussi même si la production reste précisément la même)  ; on utilise par conséquent aussi un PIB réel (ou à prix constants ou en volume) qu'on calcule en utilisant les prix qui étaient pratiqués l'année antérieure, ou une année de référence.

C'est la variation du PIB en volume, et non du PIB en valeur, qui définit la croissance économique.

Par définition, on a la relation suivante :

(1 + taux nominal de croissance du PIB) = (1 + taux réel de croissance du PIB) * (1 + taux d'inflation), c'est-à-dire
(1 + taux réel de croissance du PIB) = (1 + taux nominal de croissance du PIB) / (1 + taux d'inflation)

En pratique, on utilise fréquemment la formule simplifiée, valable pour des taux assez petits (jusqu'à 5 %, peut-être 10 %)  :

Taux nominal de croissance du PIB = Taux réel de croissance du PIB + Taux de croissance des prix, ou de façon équivalente
Taux réel de croissance du PIB = Taux nominal de croissance du PIB - Taux de croissance des prix

Prenons l'exemple suivant (les chiffres sont fictifs bien entendu)  :

En 2000, un pays de 60 millions d'habitants a produit 25 000 € par habitant, soit un PIB de 1 500 Milliards d'euros. En 2010, comparé à 2000, l'inflation à fait augmenter les prix de 20% ; ce qui valait 25 € en 2000 en vaut désormais 30.

si le PIB nominal de 2010 atteint désormais 1 800 milliards (20 % de hausse en valeur), le PIB réel est de 1 800 x 25 / 30 = 1 500 milliards, précisément le même qu'en 2000
si le PIB nominal de 2010 est toujours de 1 500 milliard (taux de croissance en valeur nul), le PIB réel n'est plus que de 1 500 x 25 / 30 = 1 250 milliards, soit 16, 7 % de baisse réelle comparé à 2000
enfin si le PIB nominal de 2010 est passé à 2 100 milliards, soit 40 % de hausse en valeur, le PIB réel est de 2 100 x 25 / 30 = 1 750 milliards, soit 16, 7 % de plus qu'en 2000.

Notez que les variations des deux derniers exemples sont trop fortes pour que la formule simplifiée reste valable

Microéconomie : l'inflation et chaque agent économique

Cette partie fait assez consensus parmi les économistes.

L'inflation agit sur les agents économiques

L'inflation change le contexte des relations contractuelles explicite entre débiteurs et créanciers (dans le cadre d'un emprunt, mais également et en particulier dans le cadre de toute transactions comportant un versement différé dans le temps, tel qu'un loyer, un fermage en numéraire plutôt qu'en nature, etc. ). Elle change aussi le contexte entre les détenteurs d'actifs économiques dont la valeur n'est pas affectée par l'inflation (terrains, entreprises, etc. ), et les détenteurs de monnaie ou titres financiers équivalent (rente à taux fixes, etc. ) qui sont affectés par l'inflation. La déflation agit en sens inverse.

Pour être plus précis, ce n'est pas l'inflation ni la déflation qui comptent, ce sont les variations de l'inflation comparé à celle qui était prévue ; ce qui est la même chose que l'inflation si, mais uniquement si, l'anticipation était une variation nulle de la valeur de la monnaie (ce qui est implicitement le cas lorsque on raisonne aux prix courants). Une hausse de l'inflation ou une désinflation produisent un effet, pas une inflation égale à celle contre laquelle on a pu se prémunir.

Il faut noter que les entreprises sont des débiteurs nets (sauf exception et hors le cas d'entreprises financières), de même les autorités publiques généralement, et que les ménages dans leur ensemble sont des prêteurs nets mais avec une proportion qui est débitrice (ex : les acheteurs de logement à crédit pour un montant plus élevé que leur patrimoine d'origine)

  1. elle pénalise
    • les créditeurs qui n'ont pas réussi à se prémunir contre l'inflation
    • les détenteurs de monnaie
    • les exportateurs (qui auront plus de mal à vendre leurs produits plus chers) et leurs fournisseurs
    • les agents victimes de l'illusion monétaire (malinvestissement, perte de pouvoir d'achat masquée par une hausse nominal du revenu... )
  2. elle facilite
    • les débiteurs
    • les créditeurs qui ont réussi à se sur-protéger contre l'inflation
    • les détenteurs d'actifs (par opposition aux détenteurs de monnaie)
    • les importateurs (qui vendront plus aisément les produits étrangers dont le prix n'a pas de raison d'augmenter tout autant) et leurs clients (qui dépenseront moins, en terme réel, pour le même produit)
  3. elle est assez neutre pour
    • les détenteurs de revenus indexés sur l'inflation
    • les créditeurs qui se sont correctement protégés
  4. elle provoque des adaptations
    • mouvement vers l'indexation des revenus sur l'inflation
    • hausse de l'endettement (dans la mesure où il est plus avantageux d'être débiteur que créancier)
    • investissement (arbitrage en faveur des actifs productifs et de l'endettement, contre la détention de monnaie et la situation de créancier)
    • hausses préventives (des prix, des loyers, des taux de crédits, ... )
    • révision des anticipations (support des demande de hausses préventives)

Émetteurs et détenteurs de monnaie

À noter que dans le cas monnaie créée par le crédit adossé à des biens réels engagés par l'emprunteur, l'effet est plus complexe : l'émetteur (l'emprunteur) ne s'enrichit pas aux dépens des autres, qui peuvent toujours acheter les mêmes biens qu'avant pour le même prix ; il n'y a que si les biens gagés s'avèrent de valeur insuffisante que la monnaie correspondante devient inflationniste si elle n'est pas détruite (par le remboursement).

Débiteurs et créditeurs

Quand un créditeur (par exemple une banque) et un débiteur (par exemple un ménage) sont liés par un taux d'intérêt fixe, l'inflation facilite le débiteur au détriment du créditeur. Considérons un ménage qui emprunte à sa banque une somme S au taux d'intérêt de 8%, remboursable l'année suivante. Si l'inflation est nulle la banque touche l'année suivante S (1 + 0, 08) , directement comparable à la somme S prêtée. Avec une inflation de 3%, la banque touche toujours S (1 + 0, 08) , mais cette somme achete l'année du remboursement moins que ce qu'elle aurait acquis l'année du prêt. Plus exactement, elle correspond à (1+0,08)(1-0,03)S \approx (1+0,05)S de l'année du prêt. En termes réels, le débiteur rembourse par conséquent d'autant moins que l'inflation est forte.

On rencontre ainsi des situations où l'inflation est supérieure au taux d'intérêt nominal. Dans ce cas, le taux d'intérêt réel est négatif, c'est-à-dire qu'on gagne de l'argent à emprunter, stimule la demande, ce qui alimente toujours l'inflation.

Face à une menace d'inflation, le créditeur ne peut qu'imparfaitement se couvrir, l'inflation étant un phénomène imprévisible. Il peut alors soit avoir recours aux dispositifs de couverture financière, surtout les swaps de taux d'intérêt pour les relations déjà établies, et demander dans les nouvelles relations des garanties, par exemple des contreparties du prêt peu sensibles à l'inflation (hypothèque sur un bien, valeur indexée sur l'inflation, valeur indexée sur un bien de référence comme l'or par exemple) ou un taux de remboursement indexé sur l'inflation.

En termes de finances publiques, l'inflation diminue de la même manière le poids de la dette pour les États, et a quelquefois été délibérément utilisée à cette fin. Pour se couvrir, quand l'État débiteur est suspecté de vouloir recourir à cette méthode, les investisseurs en dette publique demandent fréquemment une prime de risques, ou l'indexation sur un bien (une devise étrangère ou un panier de monnaies, un bien comme l'or, etc. ) non contrôlable par l'État débiteur.

Un cas spécifique de créditeur perdant à l'inflation est celui du titulaire d'une rente fixe. Pour cet agent, la valeur de sa rente diminue par rapport à l'inflation sans possibilité de couverture. Les périodes de haute inflation du XXe siècle en France (années 1920, années 1960) ont conduit à la quasi-disparition des anciens rentiers, qui ont vu leur revenus réels laminés par l'inflation ; la leçon a été retenue et désormais les détenteurs de capital financier se protègent contre l'inflation.

Revenus du travail

L'inflation diminué les revenus du travail pour deux raisons

Cela impacte le marché du travail : en effet, la réduction du coût réel de la main-d'œuvre est une des raisons expliquant une corrélation négative entre inflation et chômage, illustrée par la courbe de Phillips : la baisse du coût réel de la main-d'œuvre ouvre de nouvelle possibilité de production, ce qui entraîne une baisse du chômage.

Quand leur baisse de pouvoir d'achat devient sensible, les travailleurs exigent des corrections ; outre que cela ne va pas sans difficultés (relations sociales dégradées, grèves, ... ), les mécanismes d'indexation qui sont quelquefois obtenus nourrissent à leur tour l'inflation.

Inflation et allocation des ressources

Indépendamment des effets ci-dessus, principalement redistributifs, l'inflation a des coûts pour la totalité de l'économie, liés à des difficultés d'allocation efficace des ressources et aussi des gains, liés à l'irrationalité sur les marchés financiers.

Inflation et incertitude

Tout d'abord, le niveau de l'inflation ou sa progression n'ont pas de conséquences directes sur l'économie. Si les agents savent que l'inflation sera de 3% pour les années à venir, ils intégreront cette évolution dans leurs contrats, conduisant à une allocation des ressources semblable à une situation sans inflation.

Cependant, l'inflation dépend fréquemment de décisions discrétionnaires, que les agents peuvent difficilement anticiper correctement. Par conséquent, l'inflation fait peser un risque sur toute décision d'investissement ou de prêt, réduisant les incitations à des investissements productifs. Cet aspect doit cependant être mis en balance avec l'effet négatif de l'inflation sur les investissements à revenus fixes, comme les rentes ou les emprunts d'État. En limitant la rentabilité de ces titres, un taux élevé d'inflation encourage la substitution vers les investissements à rendements liés à l'activité économique, le plus souvent plus productifs en termes d'emploi et de création de richesses.

Inflation et friction

Dans un article de 1985[4], l'économiste Gregory Mankiw montre que les agents peuvent hésiter à ajuster toujours leurs prix face à l'inflation quand cela a un coût, même particulièrement faible, pour eux (l'auteur prend l'exemple du coût de changer les prix sur les menus des restaurants, qu'il faut faire réimprimer). Les agents n'ajustent alors l'allocation de leurs ressources qu'avec un retard. L'auteur montre que ces retards ont des conséquences importantes sur l'allocation d'ensemble des facteurs, conduisant à d'importantes inefficacités.

En pratique, l'arbitrage entre les différents effets de l'inflation conduit la majorité des économistes à estimer qu'un taux d'inflation stable proche des 2% est un signe de bon fonctionnement d'une économie développée.

Inflation et choix économiques

L'inflation agit directement sur la qualité des investissements. Un exemple sert à saisir le problème.

Alain, Bertrand et Claude investissent à l'année n 100 000 (peu importe l'unité) dans un bien (par exemple une maison), dont ils se servent pendant un an, puis revendent (à l'année n+1). Supposons que les conditions économiques soient différentes pour les trois individus (zone monétaire, époque), le taux d'inflation est par conséquent différent.

Conséquences de l'inflation
Individu Valeur d'achat (monnaie année n) Valeur de revente (monnaie année n+1) inflation (taux) Valeur de revente (monnaie année n)
Alain 100 000 90 000 -20% 112 500
Bertrand 100 000 102 000 +2% 100 000
Claude 100 000 105 000 +10% 95 455

Le calcul naïf compare les valeurs en monnaie courante, sans tenir compte de l'inflation. Il semble tandis que Claude a fait la meilleure affaire. Mais cela ne tient pas compte du fait que, à cause de l'inflation (ou, dans le cas d'Alain, de la déflation), ces trois personnes ne pourront pas acheter les mêmes biens de consommation avec la même quantité de monnaie : Alain pourra acheter plus, Bertrand et Claude moins. Pour gommer cet effet, il faut raisonner en monnaie constante, en déduisant l'inflation, et il apparaît tandis que la meilleure affaire a été faite par Alain.

Néanmoins, l'inflation n'est pas l'unique chose à prendre en compte, et le raisonnement complet devrait tenir compte des éléments spécifiques à chaque affaire, surtout l'utilisation que compte faire le vendeur de l'argent gagné et variation des prix (qui se superpose à l'inflation) dans le secteur en question. Si par exemple durant la même période le prix d'un fonds de commerce a augmenté de 30% dans les trois pays et que les trois personnes veulent acheter un fond de commerce, alors les trois ont perdu de l'argent durant cette période, et il aurait mieux valu pour elle acheter directement le fond de commerce.

L'inflation psychologique et l'illusion monétaire

L'inflation est un phénomène assez important pour que n'importe qui en fasse sa propre estimation, mais cette évaluation est entachée de nombreux biais cognitifs. Outre que l'inflation n'est pas la simple hausse des prix des biens de consommation, c'est toujours moins la hausse des prix de biens ou services qui frappent le plus l'esprit par leur répétition (l'achat de pain quotidien par exemple ; son importance symbolique est particulièrement supérieur à sa place dans le budget) ou les circonstances (service d'un plombier pendant un dégâts des eaux par exemple), lorsqu'on ignore les biens dont les prix restent stables. L'inflation psychologique est différente de celle calculée en pondérant correctement, ce qui conduit quelquefois à des polémique sur la crédibilité des organes officiels de mesure de l'inflation.

L'illusion monétaire est , en sens inverse, ce biais cognitif qui consiste à raisonner en monnaie courrante, sans tenir compte de l'inflation. Cette illusion conduira par exemple

Article détaillé : Illusion monétaire.

Les agents économiques agissent contre et sur l'inflation

Macroéconomie : l'inflation et l'économie générale

Cette partie concentre les désaccords parmi les économistes. Différentes théories se sont succédé et s'affrontent toujours actuellement.

Causes de l'inflation

Voici les causes d'inflation les plus fréquemment admises :

Historiquement, lorsque la quantité de monnaie était fixée par la quantité de métal monétaire (or ou argent), une crise de production pouvait aussi produire de l'inflation, dans le cadre d'une spirale inflationniste combinant une inflation monétaire (trop de monnaie comparé à la production), une inflation par la demande (en excès sur l'offre), et une inflation par les coûts. Le phénomène est devenu plus rare depuis que la masse monétaire est liée à la production et que celle-ci est plus stable qu'jadis.

Il existe aussi quantité d'autres causes proposées de façon plus marginales, qu'on ne mentionnera pas.

Aperçu historique des théories économiques de l'inflation

Les prémices de l'analyse classique

A l'époque des grandes découvertes en Amérique du Sud au XVIe siècle, l'Espagne et le Portugal découvrent des quantités massives d'or et les importent en Europe. Cette période se nomme le bullionisme, c'est un moment d'une extrême prospérité où l'or est abondant.
Certains financiers vont alors s'interroger sur la monnaie et son rôle, surtout Gresham avec sa Loi de Gresham. La monnaie repose sur un dispositif de parité avec l'or : chaque pièce est contient une somme d'or qui en fait sa valeur. Or, lorsque la quantité d'or augmente, son prix va baisser, et par conséquent la valeur des pièces d'or de l'époque diminue : c'est la première observation de l'inflation, et amorce alors l'idée de la future théorie quantitative de la monnaie.
L'analyse économique de l'époque est principalement mercantiliste, selon cette théorie, chaque pays se doit d'accumuler de l'or et d'exporter pour devenir prospère. Jean de Malestroit et Jean Bodin sont connus pour leurs réflexions sur rôle de la monnaie.

L'analyse classique de l'inflation

Théorie quantitative de la monnaie

En 1911, Irving Fisher va être le premier économiste à modéliser mathématiquement l'inflation, en s'inspirant du bullionisme espagnol (Théorie quantitative de la monnaie). Il met en évidence une relation linéaire entre quantité de monnaie et le niveau général des prix :

M \times V = P \times T
M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau des prix et T le nombre de transactions pendant une période donnée).

La fonction principale de la monnaie est de permettre des transactions monétaires (par opposition au troc). Trois paramètres fixent la quantité de monnaie nécessaire :

- Si la population échange deux fois plus de biens de consommation, comparé à une situation de référence, elle a besoin de deux fois plus de monnaie (à vitesse de circulation de la monnaie constante) pour ce type de transaction. Compte tenu de la faiblesse du marché d'occasion des biens de consommation, on peut approximer la mesure des échanges à la mesure de la production et par conséquent à la croissance économique. - Si la population échange deux fois plus d'actifs, soit qu'elle en produise plus (investissement dans des outils de production), soit qu'elle échange plus fréquemment le stock d'actifs existant (le stock de maisons, d'actions, d'œuvres d'art circule de façon plus rapide), elle a besoin de deux fois plus de monnaie (à vitesse de circulation de la monnaie constante) pour ce type de transaction.

Il en résulte que hausse du niveau général des prix à moyen terme (si on suppose la vitesse de circulation constante) ne dépend que du rapport entre la masse monétaire et le PIB.

Le modèle classique repose sur l'idée de prix relatifs, chaque agent avec son revenu doit choisir entre deux biens selon l'utilité qu'il tire de la consommation de chacun des deux biens. Le prix des biens se fera par conséquent selon le plaisir qu'il en tirera au détriment de l'autre bien. La monnaie est complètement absente, d'où l'utilisation de la maxime de Jean-Baptiste Say «La monnaie n'est qu'un voile» pour qualifier la neutralité de la monnaie.
On parle alors d'une dichotomie entre la sphère réelle (la production Y) et la sphère financière (la demande de monnaie Md). La monnaie n'est qu'un voile qui sert juste comme instrument d'échange sur un marché et ne peut être désirée pour elle-même, ce qui sera remis en cause en premier lieu par les cambridgiens, puis par Keynes.

La demande de monnaie

Alfred Marshall et Pigou, deux économistes classiques de l'université de Cambridge vont créer l'équation de Cambridge. Elle traduit une fonction de demande de monnaie : c'est une légère rupture avec la pensée classique orthodoxe car elle admet que la monnaie est désirable. Elle va établir un lien entre la quantité de monnaie demandée Md pour motif de transaction et le Produit intérieur brut Y. Soit, en notant P l'indice de prix agrégé du PIB et V la vitesse de circulation de la monnaie, dite ici vitesse-revenu (c'est le nombre de fois où un actif monétaire change de mains au gré de la distribution du revenu)  :
MdV = PY

Néanmoins cette équation redonne précisément les mêmes résultats que la Théorie quantitative de la monnaie.

L'école keynésienne

La théorie keynésienne résulte d'une longue critique de la théorie classique par son père Keynes et ses proches, les post-cambridgiens. Deux livres fondateurs vont présenter une pensée complètement différente de la pensée classique, en premier lieu par Treatise on Money suivi du célèbre Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie.

La monnaie est désirable pour elle-même, en effet les agents désirent et veulent de la monnaie, on parle de demande d'encaisse, pour trois motifs :

En cas de crise, les incertitudes poussent les agents à augmenter leur demande de monnaie (augmentation de l'épargne et spéculation négative), diminuent la demande de biens et l'investissement, augmente les exigence de rentabilité (le taux d'intérêt, qui traduit l'arbitrage entre la détention actuelle ou future d'un capital), ce qui renforce la dépression et valide les anticipations négatives. Keynes attribue la Grande Dépression à insuffisance de la demande qui fait chuter l'économie dans un équilibre de sous-emploi.
C'est une remise en cause principale de l'équilibre général Walrasien. La monnaie cesse d'être reconnue comme neutre.

Les descendants de Keynes

Quelques années après la mort de Keynes (1947), William Phillips publie sa célèbre courbe en 1958 qui met en évidence (après analyse par Paul Samuelson et Robert Solow) une relation entre inflation et chômage. Cette relation va provoquer un réel engouement parmi les keynésiens qui se sont scindés en deux branches : les néo-keynésiens (école de la synthèse néo-keynésienne), et les post-keynésiens.

L'analyse de la Synthèse néo-keynésienne

Les post-keynésiens lient croissance, chômage, politique monétaire et inflation.

Grâce à cet enchainement, le modèle keynésien explique les variations de l'emploi durant les années 60s et sert à mener des politiques monétaires inflationnistes qui ont fait diminuer le chômage. On parle d'un arbitrage entre inflation et chômage.
Ce modèle montrera ses limites avec les chocs pétroliers, l'application des préconisations keynésiennes ne faisant qu'augmenter toujours plus le chômage. Cela permettra l'ascension des monétaristes.

D'autres modèles néo-keynésiens, plus radicaux dans la remise en cause de l'équilibre général, vont tenter d'expliquer l'inflation ; un des modèles les plus modernes étant l'équilibre général avec rationnement mené par Robert Clower et Axel Leijonhufvud.

L'analyse post-keynésienne

Les post-keynésiens sont des économistes qui se situent dans la pure tradition keynésienne. Ils remettent en cause la Théorie Quantitative de la Monnaie car ils voient l'inflation comme indépendante de la création monétaire. Selon eux l'inflation provient d'une tension sur le partage des revenus. Plusieurs raisons sont données :

Monétarisme

Le courant monétariste a été initié par l'économiste américain Milton Friedman, «prix Nobel» d'économie 1976. Analysant lui-aussi la grande dépression, Friedman estime qu'elle est due à une expansion déraisonnable du crédit, qui a génèré une bulle spéculative dont l'éclatement marque le début de la crise, suivie d'un dégonflement tout aussi déraisonnable de la masse monétaire (réduite d'un tiers entre 1929 et 1933), qui a étranglé l'économie. Or la première partie du cycle est précisément le genre de politique que préconise Keynes. La conclusion de Friedman est par conséquent que la manipulation de la masse monétaire est effectivement active sur l'économie, mais uniquement à court terme et dans un sens négatif, soit en stimulant artificiellement le dispositif économique en cas d'excès, soit en l'étranglant en cas de défaut. À moyen terme, sur un cycle complet, pour le monétariste la monnaie retrouve sa neutralité, liée aux caractéristiques économique du pays (le niveau normal plutôt pour la liquidité par exemple).

Dans ce cadre il considère que l'arbitrage entre inflation et chômage que la courbe de Phillips présente est un leurre : une réduction de chômage obtenue par hausse de l'inflation va rapidement conduire à une nouvelle hausse du chômage avec un niveau d'inflation plus élevé, poussant le pays vers la stagflation ou l'hyperinflation.

En opposition à la pensée keynésienne, la fonction de demande de monnaie est reconnue comme stable, tandis que la fonction de consommation keynésienne est estimée instable. La disparition de l'arbitrage inflation-chômage tient au fait des anticipations adaptatives des agents économiques : à court terme, lors de la négociation des salaires, ils ne connaitront pas idéalement l'inflation et feront de mauvaises anticipations de telle sorte que leur salaire réel va diminuer et diminuera dans le même temps le chômage. Par contre, à long terme ils changeront de cadre d'évaluation (au lieu des "prix" on s'intéressera au "pouvoir d'achat"), l'illusion monétaire sera identifiée et combattue par les agents économiques, les politiques monétaires expansionnistes seront identifiées comme trompeuses et deviendront inefficaces, le chômage reviendra à son niveau naturel.

La conclusion de tout cela est qu'il ne faut pas jouer avec la monnaie, que la politique monétaire ne doit pas subir l'influence de la politique, et par conséquent qu'elle ne doit pas être confiée au gouvernement mais plutôt à des Banques Centrales indépendante, et que ces dernières doivent appliquer des règles stables, claires et publiques visant une quasi-stabilité du niveau des prix. La Banque centrale européenne en est un bon exemple actuel.

La nouvelle école classique

Robert Lucas va développer le principe d'anticipation rationnelle, c'est une critique des anticipations adaptatives de Friedman. L'anticipation rationnelle stipule que les agents vont agir en moyenne de manière à anticiper au mieux l'inflation. On peut par conséquent considérer que les salaires vont être indexés sur l'inflation.
C'est une hypothèse particulièrement forte qui a pour conséquence le rejet de toutes intervention de l'État dans sa lutte contre le chômage, et prouverait que la courbe de Phillips serait complètement erronée.

Régulation de l'inflation

On dispose de plusieurs instruments pour influer sur l'inflation, ou si indispensable mettre fin à une hyperinflation. Pour une meilleure efficacité, il faut que ces différents moyens d'agir soient utilisés dans le même sens (par exemple, il ne permet de rien de mener une politique budgétaire expansionniste si en même temps la politique monétaire est restrictive), surtout si ce sont des autorités différentes qui en sont responsables.

La politique monétaire

C'est aujourd'hui le principal outil de régulation de l'inflation.

Les autorités monétaires (banques centrale généralement) injecteront des liquidités par différentes méthodes (planche à billet, achat de titre, baisse du taux directeur -- le taux d'intérêt des emprunts ou des placements qu'on peut faire directement auprès de la banque centrale --, etc. ) pour faire remonter la masse monétaire et par conséquent le niveau d'inflation (l'objectif étant généralement une inflation faible mais non nulle, pour éviter la déflation)  ; pour faire baisser l'inflation elles agiront en sens inverse (arrêt de la planche à billet, vente de titre, augmentation du taux directeur, ... )

La manipulation du taux directeur, hormis qu'elle agit directement sur la masse monétaire, a d'autres effets économiques qui influeront sur l'inflation. Répercutée par les institutions financières sur leurs taux d'intérêt commerciaux (proposés aux entreprises, aux ménages, etc. ), elle se traduit par une variation de la demande et de l'investissement (qui montent lorsqu'il est peu couteux de s'endetter et baissent dans le cas opposé). Le ralentissement de la demande (en cas de hausse du taux directeur) a le plus souvent pour effet de faire baisser les prix (c'est-à-dire une baisse de l'inflation)  ; inversement la baisse du taux directeur facilite l'endettement, stimule la demande et peut conduire à la hausse de l'inflation.

Les anticipations des agents sont déterminantes, de sorte qu'il suffit fréquemment d'une annonce par les autorités monétaires qu'elles envisagent telle ou telle action, pour que les agents économiques ajustent leurs anticipations et que la masse monétaire et l'inflation en soient affectées.

La politique budgétaire et fiscale

L'équilibre des forces entre offre et demande est un déterminant important des prix, par conséquent de l'inflation. Or la politique budgétaire et fiscale peut-être utilisée sur les deux termes de l'équation :

Il s'agit d'une politique visant à exacerber les forces naturelles du marché.

Ce genre de politiques a des aspects fortement impopulaire, dans la mesure où elle consiste en pratique à diminuer le pouvoir d'achat, à rendre toujours plus cher (en termes réel) ou alors indisponibles les produits les plus demandés, dont il s'agit paradoxalement de juguler la hausse, même si, peut-être, des produits qui n'augmentent pas tout autant sont rendus plus accessibles. On les accuse souvent de n'être que des politiques de récession (politique de rigueur), reproche adressé par des tenants d'une politique de la demande et d'une politique de relance, ainsi, du coté libéral du spectre, d'être des politiques interventionnistes dont la pertinence n'est pas plus assurée que les politiques opposées.

La politique de change et Currency board

Un dispositif de Currency board est l'application extrême d'une régulation de la valeur de la monnaie par la politique de change. La valeur de la monnaie peut être stabilisée en l'adossant à une monnaie étrangère dont la valeur s'est vu consacrée (ou un panier de monnaie).

Le contrôle des prix, des salaires

Le contrôle des prix et des salaires est une mesure qui a une portée plus vaste et plus générale que le contrôle de l'inflation (en temps de guerre par exemple), mais il a aussi été utilisé particulièrement pour combattre l'inflation. Cette méthode a connu des échecs retentissant (par exemple la loi du maximum général en 1793 en France, ou le contrôle général par l'administration Nixon en 1972 aux USA), cependant combinée à d'autres mesures dans un plan plus vaste on lui reconnait quelques succès ("Prices and Incomes Accord" en Australie ou "Akkoord van Wassenaar" aux Pays-bas, tous deux dans les années 1980).

C'est que, s'il est facile de décréter un prix ou un taux d'évolution maximum, le faire appliquer est une affaire énormément plus complexe. Qui plus est , un prix maximum trop bas fait fuir les producteurs et raréfie la marchandise visée ; les producteurs se dirigent vers d'autres productions non taxées, ou d'autres clientèles (marché noir, marché étranger)  ; et ce, tandis que le prix bas augmente la demande. Il en résulte, paradoxalement, une forte pression inflationniste. La mesure a cependant l'avantage de pouvoir s'appliquer immédiatement.

Un contrôle des prix et des salaires a plus de chance de fonctionner s'il est accepté par la société (notablement les syndicats, comme dans les exemple australiens et hollandais), mais il comporte de toute façon des aspects impopulaires.

Globalement, l'idée dominante est par conséquent qu'un tel contrôle ne peut être que temporaire, le temps que des mesures réellement efficaces mais plus lentes fassent effet.

Indexation et désindexation

Quand l'inflation est engagée dans une spirale inflationniste nourrie par des indexations automatiques de salaires ou de prix sur la hausse auparavant constaté, on se dégage de cette spirale par une désindexation. En cassant les mécanismes d'indexation, on supprime un des aliment de l'inflation.

Changement de monnaie

Quand l'inflation est trop forte, il arrive que la solution réside dans un changement complet de monnaie. La nouvelle monnaie doit avoir une valeur stable, ce qu'on peut réaliser en l'adossant à des actifs réels et reconnus (comme le Rentenmark, qui jugula l'hyperinflation de la République de Weimar en 1923).

Notes et références

  1. La Banque centrale européenne - L'Eurosysteme - Le Dispositif européen de banques centrales, http ://www. ecb. int/pub/pdf/other/escb_fr. pdf, page 33
  2. définition de l'inflation sur le site de l'INSEE
  3. Lien direct : Vidéo explicative sur l'inflation crée par la BCE. Lien officiel vers le site de la BCE
  4. "Small menu costs and large Business Cycles : A Macrœconomic Model of Monopoly", G. Mankiw, Quarterly Journal of Economics, Mai 1985

Voir aussi

Liens externes

à recycler

Inflation et quantité de monnaie

En pratique, l'État et la banque centrale ont une certaine capacité à stabiliser la valeur de la monnaie, ou à l'adapter aux obligations économiques (favoriser les exportations, limiter les importations, augmenter le pouvoir d'achat, mercantilisme, etc. ). Les banques et le marché financier sont d'autre part soumises à des évolutions endogènes, passant par des booms de crédit (favorable à l'inflation) suivis de krachs (favorables à la déflation).

Les pouvoirs publics ont fréquemment une prédilection pour l'inflation. D'une part, l'inflation diminué le poids des dettes, or fréquemment cela convient bien aux états, directement parce qu'ils sont particulièrement le plus souvent fortement débiteurs, et pour des raisons politiques parce que c'est une façon de siphonner l'argent des préteurs, autrement dit des riches, vers les débiteurs, autrement dit les entreprises et les nécessiteux. D'autre part, dans un cycle inflation-déflation, la première phase est euphorique (toutes les affaires semble rentables et on investit tous azimuts, on embauche, les impôts rentrent bien, etc. ) tandis que la seconde est désagréable (faillites, chômage, chutes des recette fiscales, etc. ). La déflation correspond fréquemment à une phase de récession de l'économie (phase B du cycle de Kondratiev) caractérisée par une incorrection de la production comparé aux besoins réels et un défaut d'investissement, ce qui induit logiquement une baisse de la production et des salaires. La déflation est par conséquent fréquemment associée à une baisse du pouvoir d'achat ainsi qu'à l'augmentation du chômage keynésien (demande insuffisante sur le marché de l'emploi). Les possibilités de relance proposées par Keynes s'appuient sur la stimulation de la demande (en vue d'effets d'entraînements notoires sur la totalité de l'économie) financée par l'État, qui peut provisoirement s'endetter et admettre un déficit budgétaire dont la résorption future est anticipée. Voir keynésianisme.

Distorsion économique

Jusqu'au début du XXe siècle, l'inflation est restée inconnue (non pas qu'elle n'existait pas, mais elle n'était pas mesurée ni prise en compte) et la coutume était de fixer les loyers en monnaie fixe et pour longtemps (quelquefois même à perpétuité). Quand la valeur de la monnaie chutait, des montants de loyers (par exemple «1 sou») ne représentaient plus qu'un montant ridicule, pour le plus grand bénéfice des tenanciers et la ruine des possédants (généralement les nobles), avec l'ensemble des conséquences sociales. À d'autres périodes plus rares et plus courtes, les gouvernements, en restaurant la valeur de la monnaie, ont au contraire suscité des émeutes et même des révoltes, un loyer raisonnable se transformant en charge ruineuse.

Enfin, les humains raisonnent et tiennent compte de tout cela, en sorte qu'ils finissent par donner une importance énorme aux anticipations (ce qu'ils croient, ou alors ce qu'ils pensent que les autres croient) de l'inflation future. C'est tout spécifiquement le cas dans les périodes d'hyper-inflation, quand la méfiance s'installe et se développe, de sorte que les acteurs, anticipant une dévaluation accélérée, exigent des augmentations de revenus qui nourrissent l'hyper-inflation et valident les anticipations les plus pessimistes.

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