Gestion alternative

La gestion alternative est un mode de gestion de portefeuille appliqué par certains fonds d'investissement dits «fonds alternatifs» ou «fonds de couverture», ou hedge funds.



Catégories :

Gestion d'actifs - Finance de marché - Finance - Produit dérivé - Mathématiques financières

Définitions :

  • mode de gestion visant à obtenir une performance absolue décorrélée des marchés financiers. La gestion alternative pour ainsi s'exercer sur les devises, les matières premières, les indices... (source : placement-financier-icf)
Les investissements des fonds spéculatifs entre 2000 et 2007

La gestion alternative est un mode de gestion de portefeuille appliqué par certains fonds d'investissement dits «fonds alternatifs» ou «fonds de couverture», ou hedge funds. L'investissement minimal est assez élevé : de quelques dizaines de milliers de dollars quelquefois, à plusieurs centaines de milliers plus fréquemment, suivant les fonds. Qui plus est , n'étant par essence pas aussi régulés que les fonds de placement classiques ils ne peuvent être distribués au grand public et sont réservés à la catégorie des investisseurs institutionnels ou aux grandes fortunes.


Objectifs

Elle vise à décorréler les performances du portefeuille de l'évolution générale de la bourse en intervenant sur les marchés des actions mais également sur les obligations, les devises, les matières premières, l'immobilier et les entreprises non cotées, le marché des œuvres d'art... L'objectif est le plus souvent de lisser les courbes de rendement et de les perfectionner comparé au rendement du marché permettant d'avoir un meilleur rapport performance / volatilité. La raison pour laquelle ces «fonds alternatifs» sont reconnus comme risqués est liée au fait qu'au-delà du «lissage» des courbes de rendement, ils ont servi lors de nombreuses attaques spéculatives, sur les taux de change par exemple, avec des retombées économiques néfastes pour le pays attaqué. Des exemples incluent la crise économique du Mexique (1992-1994), la crise asiatique de 1997-1998, la Russie, le Brésil etc... Pour certains, ces «fonds» n'ont fait que rétablir les taux de change «surévalués» de certains pays à un niveau plus raisonnable. Cependant, les attaques spéculatives ne s'arrêtent pas uniquement aux monnaies «surévaluées» comme lors de la crise asiatique où Taïwan, Singapour et Hong Kong n'ont pas été épargnés.

Historique

Ils sont apparus dans les années 1950 avec les activités de Alfred Winslow Jones, un ancien journaliste du magazine Fortune. Ils ont été découverts par le public à l'occasion de la dévaluation de la livre Sterling consécutive à l'intervention de Georges Soros. Historiquement, les family offices furent les premiers à les utiliser et ont ainsi contribué à leur émergence. En novembre 2007, près de 10 000 hedge funds sont opérationnels dans le monde et gèrent à peu près 1 760 milliards USD (1 250 milliards d'euros) [1]. En 2009, les deux tiers des hedge funds sont situés dans les îles Caïmans, qui est de facto le paradis fiscal des multinationales[2]. Grâce aux liquidités injectées par les États, les 9 000 hedge funds pèsent 2 000 milliards de dollars en 2009 ; plus des trois quarts d'entre eux sont américains ou britanniques. Ces fonds sont détenus à hauteur de 18% par les banques ainsi qu'à près de 50% par des investisseurs institutionnels[3].

Types d'actifs utilisés dans les portefeuilles alternatifs

Les portefeuilles alternatifs se composent surtout :

Implication des gérants

Les gérants alternatifs investissent une grande part de leur fortune personnelle dans les fonds qu'ils gèrent et leurs rémunérations dépendent essentiellement de la performance du fonds ; ils sont par conséquent associés avec les investisseurs. Quoique ces fonds soient fréquemment fermés et limités en taille, le potentiel de gain de ces Fund Managers peut devenir énorme car en corrélation avec la taille du fonds (part prélevée sur les fonds apportés par un investisseur) et 20 % de performance fees (commissions prélevées sur la performance du fonds). Ces chiffres peuvent fluctuer, par exemple un fonds reputé de Floride qui prend plus de 30 % de frais de performance a octroyé un performance fee de 1, 5 milliard de dollars au gestionnaire de ce fonds pour l'année 2005[réf.  nécessaire].

Les outils des Hedge Funds

Les stratégies

Les différentes stratégies se définissent par des ratios rendement / risque particulièrement variables. Il existe de nombreuses présentations des différentes stratégies alternatives.

Avantages et inconvénients de la gestion alternative

Les fonds alternatifs sont particulièrement peu réglementés et apprécier leur risque est complexe pour un investisseur spécifique. Certains fonds ont une volatilité plus faible que celle d'un marché action de pays développé et sont d'ailleurs décorrélés des marchés actions (actions achat/ventes). D'autres sont bien plus risqués compte tenu surtout des effets de levier importants utilisés (matières premières). Les Hedge Funds ont servi plusieurs fois depuis les années 1990, et surtout lors de la crise asiatique, à opérer des attaques spéculatives. Lors de la crise asiatique, les Hedge Funds ont toujours attaqué les banques centrales de nombreux pays asiatiques en commençant par la Thaïlande. Les dégâts économiques ainsi occasionnés ont été énormes.

Les meilleurs Hedge Funds sont fréquemment fermés, par conséquent moins liquides que d'autres placements, et il faut mettre au moins 1 million d'euros d'investissement d'origine. Se former un portefeuille diversifié de gérants utilisant des stratégies différentes demande par conséquent soit des moyens particulièrement importants, soit de passer par un Fonds de Hedge Funds.

Les Hedge Funds offrent le plus souvent peu de liquidité a leurs souscripteurs. Un investissement doit régulièrement attendre 1 à 3 mois avant d'obtenir une souscription puis 2 à 12 mois pour pouvoir sortir du fonds. Ce manque de liquidité ne convient pas aux investisseurs qui recherchent des instruments de placement plus liquides. Cependant l'émergence de platesformes de managed accounts (ou comptes gérés) tend à apporter une solution aux problèmes de liquidité et de transparence.

Certains fonds particulièrement performants peuvent être aussi particulièrement opaques, il est particulièrement important pour l'investisseur de se faire conseiller par un spécialiste du marché qui a des contacts directs avec les gérants de fonds. Comme l'affaire Madoff en décembre 2008 l'a montré, la faible transparence ou le défaut de transparence, fréquemment pris pour des gages de discrétion et faisant ainsi partie du prestige et de l'attrait psychologique de certains placements, peuvent tout autant cacher des pratiques problématiques, ou alors illégales.

La croissance importante des placements en fonds alternatifs fait que de plus en plus de gérants sont à la recherche des mêmes opportunités d'investissements avec bien plus d'argent que par le passé. Les performances des fonds alternatifs auraient tendance à diminuer et ainsi encouragent leurs gérants à prendre de plus en plus de risques. L'effondrement des cours peut aussi résulter inéluctablement de l'épuisement naturel de pratiques problématiques, ou alors illégales, comme dans le cas de la crise des actions bancaires de 1983 en Israël[4].


Pour lutter contre le manque de transparence et la faible liquidité, l'industrie bancaire s'est mise à développer les stratégies dites de managed account. Elles permettent de répliquer les stratégies des hedge funds tout en donnant accès à un nombre élargi d'investisseur des instruments plus ouverts.

Liste non-exhaustive des principaux hedge funds

Selon le classement 2009 de Alpha magazine[5], les cinq plus gros hedge funds sont :

  1. Brigewater Associates fondé par Ray Dalio  : 38, 6 milliards de dollars d'actifs
  2. JP Morgan AM : 32, 9
  3. Paulson & co fondé par John Paulson : 29
  4. D. E. Shaw & Co fondé par David Shaw  : 28, 6
  5. Brevan Howard AM : 26, 4
  6. Boussard & Gavaudan :

Cf. aussi l'article wikipedia en anglais.

Notes et références

  1. Le Monde du 28 octobre 2007
  2. Interview de Jean-Michel Quatrepoint à la NAR le 9 décembre 2009
  3. Irène Inchauspé, L'union doit prendre les hedge funds à revers : interview de Michel Aglietta, Challenges, n°200, 18 février 2010, page 42.
  4. Voir (en) en :Bank_stock_crisis_ (Isræl_1983)
  5. Irène Inchauspé, Les cinq plus gros hedge funds, Challenges, n°200, 18 février 2010, page 42.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestion_alternative.
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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