François Bilger
François Bilger était un économiste français. Sa thèse sur le courant ordolibéral allemand, achevée en 1960 et publiée en 1964, forme toujours une référence en langue française.
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Économiste français - Collège Stanislas - Naissance en 1934 - Inflation - Taux d'intérêt - Finance - Politique économique - Membre de la Société du Mont Pèlerin
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François Bilger (1934 - 2010) était un économiste français. Sa thèse sur le courant ordolibéral allemand, achevée en 1960 et publiée en 1964, forme toujours une référence en langue française. Il fut membre de la Commission des comptes et budgets économiques de la nation de 1972 à 1976, adjoint au maire de Strasbourg et président du port autonome de Strasbourg de 1977 à 1983. Son ouvrage l'Expansion dans la Stabilité a obtenu le Prix Ugo Papi du meilleur livre d'économie en 1986. Il y expose une nouvelle théorie de l'inflation, basée sur l'inélasticité de la demande aux prix, et propose un nouveau mécanisme de lutte contre l'inflation. Il est frère de Pierre et Philippe Bilger.
Formation
Il fait ses études secondaire au collège Stanislas à Paris avant d'aller étudier à l'université de la Sorbonne. Par la suite, il opte pour l'économie et suit les cours à la faculté de droit de Paris où il passe son doctorat sous la direction de Daniel Villey.
Carrière
Il a fait la majeure partie de sa carrière à la Faculté de Droit puis à la Faculté des sciences économiques de Strasbourg où il fut titulaire d'une chaire d'économie politique de 1967 à 1996. De 1970 à 1985, il a dirigé un DEA d'économie Européenne. Il a été membre de plusieurs associations d'économistes : l'Association française des sciences économiques, le Verein Für Socialpolitik allemand et la Société du Mont Pèlerin.
Œuvre
L'œuvre de François Bilger, peut être grossièrement ramenée à trois périodes : une réflexion sur le libéralisme qui influencera Foucault à la fin des années soixante-dix, son ouvrage Théorie Opérationnelle de l'Inflation de la Stabilisation et du Dispositif Economique et des études sur la monnaie et les zones monétaires menées au moment de la création de l'Euro et de la zone Euro.
Travail sur l'ordolibéralisme
sa thèse au début des années 60, et sa publication en 1964, autour de l'ordolibéralisme, mouvement libéral allemand selon-guerre reconnaissant l'obligation d'une régulation pour atteindre un optimum économique et social. La thèse de François Bilger restera pendant 40 ans le texte de référence en langue française sur l'ordolibéralisme. Cette partie de l'œuvre de François Bilger est importante pour les personnes qui s'intéressent au libéralisme spécifiquement à l'ordolibéralisme, au néolibéralisme ainsi qu'à l'économie sociale de marché voir site web officiel
Théorie Opérationnelle de l'Inflation de la Stabilisation et du Dispositif Economique
Ce titre Théorie Opérationnelle de l'Inflation de la Stabilisation et du Dispositif Economique, est un clin d'œil à l'ouvrage le plus connu de Keynes, dans lequel François Bilger offre une théorie nouvelle de l'inflation et propose des outils d'action contre l'inflation qui à la différence de la politique monétaire ne présentent pas, selon lui, d'effets négatifs sur la production et l'emploi. Refusé en 1984 par l'éditeur Economica à cause de sa trop grande taille (530 pages), la Théorie Opérationnelle est partiellement réécrite pour sortir en 1985 sous le nom de l'Expansion dans la Stabilité. Cet ouvrage obtiendra le prix Ugo Papi en 1986. Les grandes idées présentes dans l'ouvrage sont les suivantes :
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- - Les prix sont la somme de trois composantes : les salaires, les profits, et les impôts. Si les prix augmentent, c'est qu'au moins une des trois composantes augmente. Toute hausse de prix, toute inflation, est par conséquent due à une augmentation de salaire (s), une volonté d'accroître les profits, ou une augmentation de la pression fiscale.
- - On suppose généralement que l'augmentation des prix fait baisser la demande, en d'autres termes que la demande est élastique aux prix. Or comment expliquer le fait que depuis 50 ans, nous avons à la fois une augmentation des prix et une augmentation de la demande (sans laquelle il ne pourrait par définition pas y avoir de croissance) ? Réponse : pour diverses raisons (indexations plus ou moindres des revenus sur les prix, caractère indispensable de certains biens comme la nourriture ou le logement empêchant le recul de la demande, désir consumériste) la demande ne diminue pas avec les prix. Dans la réalité, la demande est fréquemment inélastique aux prix.
- - Une entreprise a deux moyens pour accroître ses bénéfices : augmenter sa production ou augmenter ses prix. Si un produit coûte 90 à fabriquer et est commercialisé 100, le bénéfice est de 10. Pour que l'entreprise qui produit ce bien, augmente de moitié ses bénéfices, il faut soit qu'elle accroisse de 50% sa production, soit qu'elle augmente son prix de 5%. Pour doubler ses bénéfices, il faut soit qu'elle double sa production, soit qu'elle augmente ses prix de 10%. On voit par conséquent que spontanément, les entreprises peuvent gonfler plus aisément leurs profits en jouant sur les prix que les quantités. Au surplus, augmenter l'échelle de production est un processus lourd (coûts d'agrandissement, recrutement, etc…) et comporte un risque fort en cas d'échec (surinvestissement inutile), alors que la hausse des prix est quelque chose de rapide et aisément réversible en cas d'échec.
- - Prenant acte de la possibilité de perfectionner leurs marges, il est rationnel pour les entreprises de monter leurs prix. Cela mène à une nouvelle explication de la stagflation : quand les entreprises constatent qu'elles peuvent gagner plus en augmentant leurs prix et sans produire plus, elles augmentent leurs prix (ce qui est par essence l'inflation) et n'embauchent pas, ou alors licencient si le progrès technique sert à produire tout autant avec moins de main d'œuvre.
- - Il faudrait que la demande soit fortement élastique aux prix pour que les entreprises soient incitées à baisser leurs prix (pour attirer la demande) ainsi qu'à accroître l'échelle de production pour augmenter leurs profits.
L'inflation n'est pas un phénomène purement macroéconomique lié à la volonté de la banque centrale (comme le pense la théorie monétariste), mais un phénomène microéconomique basé sur le renoncement des consommateurs à sanctionner les hausses de prix.
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- - François Bilger invente alors le Dispositif Automatique de Stabilisation et de Stimulation (SASS), pour remplacer l'élasticité prix défaillante de la demande. L'idée est de supprimer l'impôt sur les sociétés (IS) qui est trop aisément contournable, par un dispositif de taxation de l'inflation indue. Dans ce dispositif, les entreprises ne peuvent augmenter leurs prix qu'à hauteur de la hausse de leurs coûts en capital et en travail. Si à volume de production inchangé, le chiffre d'affaires augmente plus que les coûts, le supplément est totalement confisqué. L'unique manière dont les entreprises peuvent alors augmenter leurs bénéfices réside dans une augmentation de la production. Le SASS empêche les prix d'augmenter abusivement et incite à accroître la production, ce qui permet la diminution du chômage. Ce dispositif résout par conséquent le dilemme de Phillips entre inflation et chômage.
- - Il y a deux raisons pour lesquelles le SASS est préférable à la politique monétaire (basée sur la hausse des taux) pour lutter contre l'inflation. D'une part, le SASS tend à perfectionner fortement la situation sur le marché de l'emploi, puisque la production est stimulée, alors que la politique tend au contraire à casser la production. D'autre part, le SASS a un mode d'action microéconomique fin et précis, alors que la politique monétaire agit de façon uniforme sur les différents secteurs, inflationnistes ou non, et forme comme tel un instrument grossier de lutte contre l'inflation.
- - L'unique faille dans le SASS, selon Thibault Laurentjoye qui poursuit les recherches de François Bilger, tient au fait que les entreprises peuvent contourner le dispositif en déposant le bilan abusivement. En effet, le SASS exige qu'une entreprise ne mène pas une politique plus inflationniste que par le passé, mais ne lui fixe aucune norme à son démarrage quant au taux de marge qu'elle pratique. Une entreprise qui voudrait accroître ses marges en augmentant ses prix (ce que le SASS empêche de faire), peut se déclarer en faillite, et rouvrir sous un autre nom. La nouvelle entreprise, ayant racquis le capital de l'ancienne et embauché ses employés, peut mener une politique plus inflationniste que cette dernière, puisque comme nouvelle entreprise elle ne subit aucun contrôle. Selon Thibault Laurentjoye, il faut rajouter un petit mécanisme au SASS, qui éviterait ce type de contournement. L'idée serait de créer un conseil de la concurrence qui traquerait les abus en contrôlant la viabilité des entreprises qui font faillite, avec possibilité de préemption si l'entreprise qui fait faillite est potentiellement rentable.
La construction monétaire européenne
Dans les années 90, François Bilger s'investit dans l'inspection théorique de la construction monétaire européenne, dont il dénonce certains aspects délaissés, comme la mise en place d'un système redistributif entre pays pour remplacer la possibilité d'ajustement par le change qui existait avant l'unification monétaire en cas de choc asymétrique au sein de la zone euro. Son analyse, inspirée de la théorie des zones monétaires optimales de Robert Mundell, le conduit à préconiser le maintien des monnaies nationales, et de n'utiliser l'euro que comme une monnaie commune, non unique. Cet euro monnaie purement internationale fait légèrement penser au bancor que Keynes avait proposé comme monnaie d'échange internationale à la conférence de Bretton Woods.
Bibliographie
- (fr) La pensée économique libérale dans l'Allemagne contemporaine, LGDJ, 1964, Lire en ligne
- (de) Frankreich vor der ordnungspolitischen Wende? Die wirtschaftspolitischen Wahlprogramme der französischen Parteien, in : ORDO - Jahrbuch für die Ordnung von Wirtschaft und Gesellschaft, Vol. 37, 1984, pp. 3-43.
- (fr) L'expansion dans la stabilité, Economica 1985 (337p).
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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