Financiarisation

La financiarisation est au sens strict le recours au financement et surtout à l'endettement, de la part des agents économiques.


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Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Benjamin Coriat, théories de la financiarisation, marchés financiers, financiarisation, ... l'économie de la connaissance, capitalisme actionnarial, actifs... (source : seminaire.samizdat)
  • 1) Dynamique de croissance et développement des marchés financiers... la financiarisation de l'économie conduit les agents à avoir des comportements... (source : ses.ac-dijon)
  • ... Exposé en . doc en économie générale : Comment la financiarisation de l'économie... Le fonctionnement autocentré des marchés financiers... (source : oboulo)

La financiarisation est au sens strict le recours au financement et surtout à l'endettement, de la part des agents économiques.

On nomme d'autre part financiarisation de l'économie la part croissante des activités financières (services de banque, d'assurance et de placements) dans le PIB des pays développés surtout. Elle provient d'une multiplication exponentielle des types d'actifs financiers et du développement de la pratique des opérations financières tant par les entreprises et autres institutions que par les particuliers.

On peut parler d'autre part d'un essor du capital financier à distinguer de la notion plus étroite de capital centrée sur les équipements de production.

Cela conduit à présenter ici à la fois

Les outils et pratiques

La bourse, organe important du dispositif

Le marché financier regroupe des instruments financiers fort divers. Il en va de même pour les lieux d'échanges de ces valeurs. Le plus actif est le marché des changes. Quoique moindre en volume, l'un des segments clés du marché, au niveau du financement de l'économie, concerne les bourses de valeurs qui traitent des actions et des titres de créance (ce dernier, centré sur les titres de trésorerie et les obligations, servant aussi de marché des taux d'intérêt). Le capital non coté prend désormais en partie le relais des marchés organisés directement accessibles au public que sont les bourses

Concernant les transactions sur les valeurs mobilières, on distingue le marché primaire et le marché secondaire :

Limitation des fonds propres et effet de levier financier

Il est quelquefois reconnu dans la gestion des entreprises, et surtout du point de vue de ses actionnaires s'il s'agit de société, qu'il faut utiliser au minimum de capitaux propres. L'idée est que cette ressource est rare, et que sa rentabilité doit être maximisée pour pouvoir intéresser les apporteurs. Cette pratique, quelquefois caricaturée sous l'appellation de «capitalisme sans capital», conduit à privilégier le financement par la dette.

Pour expliquer cette optimisation de la rentabilité des fonds propres, quitte à la simplifier outrancièrement, on peut dire que le même bénéfice (en réalité amputé des frais financiers dus à la dette supplémentaire), rapporté à moins de capitaux propres, double la rentabilité de ceux utilisés. C'est l'«effet de levier financier». On peut le définir par la proportion dette / fonds propres.

Le rôle des outils financiers particulièrement élaborés

En réalité, la théorie financière qui s'est développée au XXe siècle a tendu à

Cela a conduit au développement de divers outils financiers (marché à terme, contrat dérivés, titrisation). Ces outils servent non seulement à l'apport de capitaux, ainsi qu'à la répartition et au transfert des risques entre agents économiques. C'est l'entrée, surtout avec le développement des marchés de contrats dérivés, des principes de l'assurance dans la sphère du financement et du placement. Il y a également une désintermédiation au sens où les opérations se déroulent directement sur le marché et dépendent moins de la collecte et des prêts bancaires.

Les limites de ces pratiques

Ces opérations à «effet de levier» ainsi qu'à «transfert de risques», si elles sont utilisées de façon trop intensives, peuvent faire peser un risque excessif

D'autre part le recours à des montages financiers de plus en plus particulièrement élaborés ainsi qu'à la dissémination des instruments financiers ainsi créés font perdre de la transparence au dispositif. La crise des subprimes montre la difficulté de situer clairement dans quels portefeuilles de quelles institutions se retrouvent les risques et pour quels montants.

Interprétations macroéconomiques

Aujourd'hui le secteur de la finance joue un rôle extrêmement important dans nos économies. Les services financiers (banque, assurance, fonds de placement et opérations directes sur des marchés financiers de plus en plus diversifiés) contribuent beaucoup au PIB des pays développés (entre 5 et 10%) ainsi qu'à l'emploi.

Les bourses surtout sont les poumons vitaux des dispositifs libéraux.

Certains voient cependant dans cette extension du rôle de la finance, et en particulier le fait qu'elle n'est plus cantonnée géographiquement, le problème majeur que poserait la mondialisation.

Un principe peu réaliste : le modèle de concurrence pure et idéale

La logique économique des marchés financiers a été mise en évidence par des économistes tels que Vilfredo Pareto et Léon Walras, néo-classiques, qui ont élaboré un modèle de marché parfait reposant sur le principe d'une concurrence pure et idéale. Les cinq conditions nécessaires au jeu parfait de la concurrence retenues par l'analyse économique respectant les traditions, peuvent être rappelées ci-dessous :

L'analyse économique met le plus souvent en évidence la très complexe adaptation de ce modèle de concurrence idéale au marché des biens et services, par contre les marchés financiers semblent se prêter particulièrement à l'accomplissement de ces conditions. Cependant le caractère apparemment particulièrement diffus et insaisissable des marchés financiers peut voiler ces conditions.

La financiarisation de l'économie mondiale

On assiste à un décloisonnement. Dans le dispositif d'économie d'endettement, les secteurs de financement, par les activités bancaires n'étaient pas en concurrence, il existait des rigidités fortes entre les différents types de produits financiers. Au cours des dernières décennies, les pouvoirs publics dans divers pays ont supprimé nombre de barrières existant entre les différentes sources de financement, apportant aux investisseurs une liberté du choix géographique et sectoriel de leurs placement (globalisation financière).

Une telle facilité de navigation des flux est rendue envisageable par la déréglementation des transferts de fonds, pour permettre la libre circulation des capitaux, surtout pour faciliter l'afflux de capitaux en provenance des places étrangères. A titre d'exemple, la France supprime progressivement le contrôle des changes de 1986 à 1989 (effectif au 1er janvier 1990, et dématérialise progressivement les transactions grâce à l'informatique.

De telles mesures ont énormément augmenté les taux d'autofinancement, les échanges se sont accrus, et les banques se livrent à la concurrence, ce qui étaient les objectifs affichés. Cependant les causes profondes de telles modifications restent indéterminées : ces bouleversements du rôle des marchés financiers semblant coïncider avec une période où les entreprises avaient le moins besoin de fonds propres d'investissement.

Effets pervers attribués aux marchés financiers accomplis et autonomes

La facilitation des transferts financiers entre États, par exemple entre investisseurs dits du Nord et receveurs dits du Sud est cependant à double tranchant. Ces IDE (investissements directs à l'étranger) sont particulièrement fluctuants. Une économie solide ne peut pas reposer uniquement sur des investissements étrangers, en particulier dans des zones du globe soumises à des tensions internes ou externes (guerre civile... ) ; les investisseurs pourraient être amenés à retirer brutalement leurs investissements (de peur de perdre leur argent) ce qui ferait s'effondrer brutalement l'économie locale, comme la crise en Argentine l'a montré.

Bulle financière et théorie du concours de beauté chez Keynes

Un problème de la finance est celui de la bulle financière (voir article dédié). L'investisseur sur le marché financier est conduit à la spéculation, qui au sens strict veut dire procéder à des opérations à partir d'hypothèses sur l'évolution des cours.

Le postulat d'un marché rationnel pose les principes d'analyse principale, où l'opérateur étudie soigneusement les rapports officiels des entreprises sur les dernières années, ses perspectives d'investissement, de développement, etc. pour déterminer si son cours va augmenter. Mais cette conduite qui garde toujours quelque chose de subjectif a pour conséquence qu'il existe la possibilité que les prévisions des agents soient auto-réalisatrices : les individus vont acheter les titres dont ils pensent qu'ils vont monter, ce qui les fait monter.

Intervient alors le phénomène psychologique, c'est le postulat comportementaliste d'un marché financier irrationnel (finance comportementale). L'agent achète non plus selon prévisions réfléchies donnant la possibilité d'une stricte évaluation économique. C'est ce que Keynes compare avec les concours de beauté américain des années 1920 où pour gagner il fallait voter pour la photo de la participante qui allait recevoir le plus de vote : les participants ne portaient pas de jugement sur la photo en elle-même, mais raisonnaient pour trouver les critères du plus grand nombre. L'investisseur peut de même en arriver à se désintéresser des fondements réels de la valeur de l'entreprise, et anticipe la façon dont le marché valorisera l'instrument financier.

Les formes actuelles de développement des marchés financiers se prêtent tout spécifiquement à la pratique d'une spéculation intuitive pouvant se révéler dangereuse.

Polémiques sur le bien fondé économique de la financiarisation

Le passage à une économie de marché financier conduit à une réflexion politique pour mettre en lumière la réelle utilité des marchés financiers pour l'activité économique.

Certains voient un décalage entre les contributions théoriques du marché financier et les utilisations réelles qui en sont faites, certaines pouvant être néfastes dans l'allocation des capitaux pour l'économie. Si les entreprises soumises aux impératifs de rentabilité boursière de leurs actions ne tiraient plus avantage du financement par fonds propre pour leur investissement, la question serait de déterminer les réels bénéficiaires de la financiarisation de l'économie.

Pour certains, la réponse se trouve dans une marge minoritaire de l'économie, les investisseurs institutionnels et autres riches opérateurs, qui dicteraient leurs exigences au marché. Par exemple Joseph Stiglitz, a mis en lumière les risques que faisaient courir la spéculation déréglementée sur les marchés émergents. Keynes considérait de son côté l'auto-régulation des marchés, comme un mythe qui ne s'obtiendrait que sur le long terme en utilisant la formule «À long terme, nous serons tous morts» ?

Voir aussi

Les modes de financement

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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