Eranos

En Grèce antique, un eranos est un type de repas où chacun apporte sa part ; le terme sert à désigner aussi un prêt sans intérêt contracté auprès d'amis ou de parents.



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  • Le Cercle d'Eranos ou cercle de réunion d'Eranos, fondé par Olga... le fidèle ami de Jung, l'helléniste alors aux 10 conférences prononcées depuis 1940, ... apporte sa propre cotributio ; le terme désige esuite ue sorte de prêt sas…... (source : fr.academic)

En Grèce antique, un eranos (en grec ancien ἔρανος) est un type de repas où chacun apporte sa part ; le terme sert à désigner aussi un prêt sans intérêt contracté auprès d'amis ou de parents.

Le terme eranos sert à désigner originellement un repas commun, organisé soit pour une fête religieuse, soit par simple convivialité, où chaque invité apporte sa contribution ou s'engage à rendre l'invitation aux mêmes convives. Le terme apparaît déjà chez Homère : apercevant les prétendants en train de festoyer, Télémaque remarque que «ce ne peut être un simple écot, / car ceux qui mangent sous ce toit passent toute insolence[1].» Hésiode recommande la pratique comme une source d'économies : «Ne montre pas mauvais visage au festin qui réunit de nombreux convives à frais communs : le plaisir est plus grand et la dépense moindre[2].» Au fil du temps, les eranoi débouchent sur de véritables clubs dînatoires, dont les membres se nomment les éranistes (ἐρανισταί) [3].

À partir du Ve siècle av. J. -C. , l'eranos sert à désigner aussi un prêt contracté auprès d'un groupe de personnes, ses φίλοι / philoi, terme le plus souvent traduit par «amis», mais qui inclut aussi les parents, ou alors les connaissances. Les emprunteurs peuvent d'ailleurs former un eranos-club — il s'avère complexe de différencier entre les cas où l'association préexiste au prêt et ceux où elle est créée ad hoc[3]. L'argent est réuni par l'un des membres du cercle ou par un tiers, qui se charge de le remettre à l'emprunteur, puis d'administrer le prêt[4]. Il porte sur des sommes assez modestes et vise à aider un proche dans le besoin. Ainsi, un plaignant athénien récuse toute idée de bonnes relations entre son père et l'oligarque Phrynichos en soulignant : «quand Phrynichos eut à payer une amende à l'État, mon père ne lui apporta pas sa contribution : c'est néenmoins dans de pareilles occasions qu'on voit bien ceux qui sont amis[5].» Du fait du caractère amical du prêt, aucun exemple connu ne mentionne d'intérêt, mais le débiteur est censé rembourser le plus rapidement envisageable : comme pour l'eranos-repas, le maître mot est la réciprocité[6]. Faire défaut est par conséquent un acte honteux. Pour discréditer son adversaire, le plaignant du discours Contre Eschine le Socratique l'accuse entre autres d'avoir séduit la femme d'un citoyen pour détourner sa fortune et ajoute : «toutes les fois qu'il recueille un prêt d'amitié (eranos) … il se s'acquitte pas aux échéances : avec lui, c'est de l'argent jeté à la rue[7]»

Le prêt eranos semble avoir été particulièrement habituel en Grèce. Dans l'Économique de Xénophon, Socrate explique que le pauvre vit plus paisiblement que le riche : il n'a pas à supporter les ennuis liés à la fortune (parasites, amis intéressés, obligation de tenir son rang, liturgies, etc. ) et , en cas de besoin, ses amis peuvent toujours lui prêter de l'argent[8]. La prédiction se vérifie puisque, lors du procès de Socrate, ses amis se proposent de lever trente mines pour payer l'amende[9]. Théophraste évoque à cinq reprises l'eranos pour caractériser les différents personnages de ses Caractères : le hâbleur se vante partout d'avoir consacré la somme astronomique de dix talents à des eranoi[10], tandis que le grippe-sous change de trottoir lorsqu'il voit un ami qui a sollicité un eranos[11]. La popularité de l'eranos explique partiellement la faiblesse des mentions, dans les sources, de crédits portant sur de faibles sommes[12].

Notes et références

  1. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], 226-227. Extrait de la traduction de Frédéric Mugler pour Actes Sud, 1995.
  2. Hésiode, Les Travaux et les Jours [détail des éditions] [lire en ligne], 722-723. Extrait de la traduction de Paul Mazon pour la Collection des Universités de France.
  3. Harris 1992, p.  311.
  4. Harris 1992, p.  312.
  5. Lysias 20 = Pour Polystratos, 12. Extrait de la traduction de Gernet-Bizos pour la Collection des Universités de France.
  6. Millett 2002, p.  155.
  7. Lysias, frag.  38, 4 = Athénée, XIII, 611E. Extrait de la traduction de Gernet-Bizos pour la Collection des Universités de France.
  8. Xénophon, Économique, II, 8 [lire en ligne].
  9. Platon, Apologie de Socrate [détail des éditions] [lire en ligne], 38b.
  10. Théophraste, Caractères, XXIII, 6 [lire en ligne].
  11. Théophraste, Caractères, XXII, 9 [lire en ligne].
  12. Millett 2002, p.  145.

Bibliographie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 26/10/2010.
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