Dévaluation
Une monnaie se dévalue, ou subit une dévaluation, quand son taux de change se déprécie comparé à une monnaie de référence, ou un panier de monnaie.
Catégories :
Politique monétaire - Finance
Définitions :
- Baisse intentionnelle ou délibérée de la valeur officielle de la monnaie d'un pays comparé à la monnaie d'un autre pays ou d'une valeur de référence, comme par exemple celle de l'or; Diminution de la valeur d'un objet; Dépréciation (source : fr.wiktionary)
- décision officielle d'une autorité monétaire de diminuer le taux d'échange de la devise d'un pays comparé aux autres devises sur le marché international. La dévaluation s'utilise dans le contexte d'un dispositif de taux de change fixe. (source : s-j-c)
Une monnaie se dévalue, ou subit une dévaluation, quand son taux de change se déprécie comparé à une monnaie de référence, ou un panier de monnaie. Une dévaluation peut se produire sans intervention des autorités monétaires (évolution «naturelle» des parités, on parle alors fréquemment de dépréciation), ou bien être une décision de politique monétaire décidée par le gouvernement, dans le cadre d'un régime de change fixe.
A contrario, une augmentation du cours de la monnaie nationale se nomme une réévaluation (décision du gouvernement) ou une appréciation (évolution naturelle).
Intervention des autorités monétaires
Quand une monnaie est maintenue dans un régime de change fixe, il arrive que le taux de change défini par les autorités monétaires ne soit pas tenable sur le moyen et long terme. Dans le cadre d'un régime de change, les autorités monétaires s'engagent en effet à assurer la conversion de la monnaie contre la monnaie de référence ; elles disposent pour cela de réserves de change, mais si la demande de monnaie étrangère est trop forte (cas où les marchés financiers échangent la monnaie nationale contre la monnaie étrangère), ces réserves de change ne suffisent pas et la banque centrale doit suspendre la conversion de la monnaie, et dévaluer.
Les autorités monétaires pratiquent fréquemment des dévaluations préventives pour éviter de perdre toutes leurs réserves de change.
Une dévaluation consiste alors à modifier, à la baisse, la parité officielle d'une monnaie comparé à une autre monnaie de référence (ou un panier de monnaie, si la parité officielle est fixée comparé à une moyenne pondérée de monnaies étrangères).
La dévaluation peut être un instrument de la politique économique dans l'objectif de relancer la croissance économique, par la relance des exportations et le rééquilibrage de la balance commerciale (cf. Effets). Cependant, de telles dévaluations n'ont fréquemment qu'un effet positif à court et moyen terme ; elles doivent alors fréquemment être rééditées, tant que les déséquilibres économiques fondamentaux n'auront pas été résolus, ou que la confiance dans la monnaie ne sera pas revenue.
Suite à une dévaluation, la balance commerciale suit le plus souvent une évolution en courbe en J : dégradation d'origine, puis amélioration.
Effets
Avec cette mesure, les gouvernements espèrent augmenter la compétitivité économique. Les effets prévisibles sont de deux natures :
- Tout d'abord, la baisse de la valeur de la monnaie nationale provoque une hausse du prix des importations et une baisse du prix des exportations. Les volumes échangés ne s'adaptant, au mieux, qu'à moyen terme, cela se traduit par une dégradation de la balance commerciale. C'est l'effet prix ;
- À moyen terme, la baisse des prix à l'exportation doit permettre un accroissement du volume des ventes, alors que la hausse du prix des importations doit les décourager. Ces changements doivent permettre un progrès de la balance commerciale. C'est l'effet quantité. L'effet quantité joue plus ou moins selon que la consommation des biens échangés est ou non sensible aux prix de vente (la baisse des prix n'affecte pas forcément les quantités vendues).
Ces effets contradictoires sont mis en lumière par le principe de la courbe en J : la dévaluation provoque une courte dégradation du solde de la balance commerciale (effet prix), avant de permettre un progrès d'une plus grande ampleur (effet quantité).
Il existe un risque qu'un pays sombre dans un cercle vicieux de la dévaluation. En effet, un pays dévaluant sa monnaie afin de perfectionner son solde commercial le voit à court terme se détériorer, impatient, il peut alors être tenté de dévaluer de nouveau, et ainsi d'enchaîner les dégradations (partie descendante de la lettre J).
En France
Au cours du XXe siècle, le Franc a été dévalué de nombreuses fois, pour restaurer provisoirement la compétitivité économique du pays. [1]
A titre d'exemple, le 25 janvier 1948, Robert Schuman décide de dévaluer de 44.40% le cours du franc français, qui ne cessait de se déprécier depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Le cours du dollar US était passé de 119 francs a 214 francs[2].
Les dévaluations successives du franc français au cours des années 1950 et 60 ne permettent pas d'obtenir une balance commerciale durablement stable, au contraire de la situation de l'Allemagne dont le Deutsche Mark reste un modèle de stabilité.
Notes et références
- historique des dévaluations en France, Ministère des finances.
- (en) Pleasant & Unpleasant, article du Time, fév. 1948.
Voir aussi
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