Banque

Une banque est une entreprise qui fait le commerce de l'argent : elle reçoit des capitaux positionnés sur des comptes, échange de la monnaie, prête de l'argent à des taux...


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Thèmes généraux de finance - Finance - Système bancaire - Type d'entreprise

Définitions :

  • A l'origine, il n'y avait pas de services bancaires et les banquiers, simples citoyens assurant un service n'étaient que des changeurs d'argent qui dressaient des tables lors des fêtes et qui, contre une commission, changeaient l'argent des marchands en voyage contre de la monnaie locale.... (source : logos.muthos.free)
  • La banque retire un profit non de la vente de marchandises, mais du prêt des capitaux (voir ce mot) qu'elle a accumulés, en d'autres termes du crédit.... (source : bremond-sitefamille.ifrance)
  • Entreprise privée ou publique qui reçoit des fonds, sous forme de dépôts ou autre, qu'elle utilise pour son propre compte dans des opérations financières, des opérations d'escompte et/ou des opérations de crédit (loi du 13 juin 1941).... (source : estim-finance)
Agence de Serra Talhada (Pernambouc, Brésil) de Banco do Brasil
Logo de la banque Bank of America

Une banque est une entreprise qui fait le commerce de l'argent : elle reçoit des capitaux positionnés sur des comptes (d'épargne ou non), échange de la monnaie, prête de l'argent à des taux et moyennant des commissions variables, exécute pour le compte de tiers toutes opérations de ce genre et se charge de tous services financiers.

Les banques sont soumises à une législation stricte d'exercice et de contrôle. Elles assurent pour l'État la traçabilité des opérations financières et contribuent à la lutte contre les trafics.

Définition juridique

Dans une définition plus juridique les banques sont des institutions financières faisant des opérations de banque telles que définies par la loi et qui sont soumises aux dispositions législatives et règlementaires correspondantes. En France l'article L311-1 du code monétaire et financier donne la définition suivante : «Les opérations de banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, mais aussi la mise à la disposition de la clientèle ou la gestion de moyens de paiement».

Les types de banques

La totalité des banques d'une même zone monétaire forme un dispositif bancaire piloté par une banque spécifique : la banque centrale qui contrôle la totalité des banques, assure l'émission des billets et définit la politique monétaire. Il existe plusieurs types de banques suivant les activités qu'elles entreprennent : banques de dépôt, banque d'affaire, banques spécialisées dans un type de prêt, banque généraliste etc.

La diversification des banques

La concentration financière et le développement d'organismes financiers gigantesques polyvalents (banque de dépôt, assurance, gestion de l'assurance vie, gestion de fortune, banques d'affaires, change, société de bourse, etc. ) brouillent les distinctions anciennes, d'autant plus que la banque produit désormais des produits vendus hors bilan et gérés par des entreprises ad hoc (par exemple les SPV, Special Purpose Vehicle, et les produits de la titrisation) non soumis aujourd'hui à la législation bancaire. La mondialisation est une autre force qui a modifié énormément le périmètre respectant les traditions des banques.

Parallèlement la désintermédiation financière a vu des fonctions de financement jadis exclusivement assurées par le secteur bancaire s'effectuer sans son concours.

Histoire

Le banquier Jacob Fugger avec son comptable. Les dossiers derrière eux citent le nom des succursales de la maison Fugger, véritablement Rome, Venise, Cracovie, Lisbonne, Innsbruck, Nuremberg, etc.

L'histoire de la banque suit les grandes étapes de l'histoire de la monnaie même si certaines opérations financières coutumières des banques, (comme le prêt à intérêt) ont pu être relevées depuis la plus haute antiquité avant même l'invention de la monnaie.

Les esquisses : antiquité et haut Moyen Âge

Les Trapeziens sont en Italie l'équivalent de ce qu'on appellera les changeurs ultérieurement. La trapezisti, en italien, est la table sur laquelle s'installe ces spécialistes du change des billets qui achètent et vendent les différentes pièces de monnaie qui circulent en Italie. Ces spécialistes, dont les noyaux sont protégés, reçoivent des dépôts et peuvent jouer un rôle d'intermédiaire surtout dans les commandites maritimes. Ils peuvent à l'occasion faire des crédits, mais n'ont aucun monopole. Les temples stockent aussi les monnaies et peuvent à l'occasion les prêter.

On retrouve la même situation à Rome avec les monetarii qui sont associés aux ateliers de frappe des monnaies et les argentarii qui sont les financiers de l'époque. Les ordres supérieurs romains disposent de vastes fortunes et se livrent à des activités de spéculation et de prêt. Ne pouvant exercer ces activités en nom propre ils utilisent beaucoup des prête-noms qui s'enrichissent de cette façon et deviennent aussi des financiers pratiquant le crédit. Un droit commercial nait qui donne force de loi aux pratiques financières malgré la réticence des moralistes qui ne jurent que par le revenu foncier.

Cette situation typique de l'antiquité où il y a des banquiers mais pas de banque au sens institutionnel, va se perpétuer dans toute la période du haut Moyen Âge. La régression monétaire qui caractérise cette période et l'interdit religieux contre le prêt à intérêt, diminuent en Europe les activités de change et de crédit. Les circuits de commerce qui demeurent, mais aussi les opérations monétaires des rois, autorisent une petite collectivité de financiers, le plus souvent syriaques ou juifs, de poursuivre les activités de prêts, de change, de placement des émissions de monnaies frappées effectuées par les ateliers monétaires et de spéculation sur les différences de cours entre l'or et l'argent entre les différentes places européennes et Byzance.

C'est à partir de ces bases hésitantes que l'expansion économique, politique et commerciale du XIIIe siècle va voir s'affirmer le rôle des financiers privés et se former les premières banques dans la mouvance des pouvoirs religieux, étatiques et commerciaux. ;

La finance italienne et les premières banques

Boîte de changeur (1655)

Le mot banque apparaît dans la langue française au milieu du XVe siècle[1]. Au bas Moyen Âge, l'activité de changeur de monnaie s'était développée face à la prolifération des devises. Les banquiers lombards apportent alors deux innovations principales, à la base de l'essor du capitalisme occidental : le compte à vue, rendu envisageable par l'invention concomitante de la comptabilité en partie double et la lettre de crédit. Désormais, les marchands peuvent circuler et commercer plus sereinement, sans avoir à transporter des sommes importantes sur les routes toujours peu sûres d'Europe.

Les premières banques sont familiales, citons les Médicis en Italie, les Fugger en Allemagne qui ouvrent des établissements bancaires dans les grandes villes. Comme le précise Jean Favier, «la banque est née du commerce, de ses besoins comme de ses opportunités»[2]. Mais les grands financiers s'enrichissent de leurs relations avec les pouvoirs. Les Medicis sont les financiers de l'Église de Rome pour le bénéfice de laquelle ils collectent et centralisent la dîme ecclésiastique. Le dogme chrétien qui considérait l'usure comme un péché, n'est plus respecté, l'introduction de la notion nouvelle de «purgatoire» donnant la possibilité de ce relâchement théologique. Il n'est plus question de laisser aux juifs l'exclusivité de la rente de crédit. Les Fugger jouent leur rôle auprès de Charles Quint tandis qu'il est le banquier principal de l'Europe germanique. La faillite de Fugger suivra celle de l'échec impérial de Charles Quint. La banque d'Amsterdam suit de près la fortune politique des Orange.

Article détaillé : Banque d'Amsterdam.

L'expansion bancaire du XIXe siècle

Au cours de la révolution industrielle, les banques jouent aussi leur rôle en facilitant l'industrialisation grâce aux comptes d'épargne. Quelques faillites retentissantes, comme celle du système de Law au XVIIIe siècle, imposent des principes prudentiels essentiels au bon fonctionnement de cette activité fondée sur la confiance. C'est ainsi que les banquiers de la Haute Banque du XIXe siècle sont convaincus que leur force réside dans de solides fonds propres, qui mettent leur clientèle en confiance et leur permettent d'obtenir des dépôts. Ils les accumulent et les investissent dans le développement du commerce et de l'industrie. En période d'expansion, ils réalisent, en cédant leurs investissements, de substantielles plus-values et accroissent toujours leurs fonds propres. Mais une perte de confiance des déposants peut survenir et l'impossibilité de liquider raisonnablement les actifs provoque alors la faillite du banquier incapable de restituer les dépôts de ses clients. Jacques Laffitte est ainsi, malgré l'accumulation, dès 1825, de plus de sept millions de francs de fonds propres, menacé de faillite et doit liquider une partie de son patrimoine. Le Crédit Mobilier de France, des frères Pereire, pourvu d'un capital de 120 millions de francs, et dont le soutien aux projets les plus novateurs de l'époque est incontestable, ne résiste pas à la crise de 1867. Le Crédit Lyonnais faillit de se faire emporter lors de la crise de 1882. Henri Germain, son fondateur, constatant que les fonds propres assurant le ratio de solvabilité ne suffisait pas, invente la banque française moderne en déterminant les «règles d'or» de la liquidité : la disponibilité des actifs de la banque doit correspondre à l'exigibilité de ses dettes : «Il faut désormais, écrivait le siège parisien de cette banque, que nous ayons toujours sous forme d'encaisse, de Londres, de bancable[3], de reports une somme égale à celle de nos dépôts à vue et de nos comptes créanciers». Ses actifs immédiatement disponibles représentent entre 1884 et 1893 de 88 % à 100 % des exigibilités au lieu de 34, 5 % en 1881[4]. L'accélération du mouvement sera le fait de Napoléon III qui réorganise le droit bancaire et permet l'utilisation généralisée du chèque.

La première moitié du XXe siècle

La crise bancaire de 1907 puis deux guerres mondiales et la crise de 1929 ne sont pas favorables à l'expansion du secteur bancaire. L'expérience prouve que la généralisation des banques centrales «prêteur de dernier ressort», ne garantit pas la stabilité financière. Aux États-Unis c'est près de 10 000 banques qui font faillites avant 1935. En France ce sont plusieurs centaines d'entre elles.

La seconde moitié du XXe siècle

A la Libération la Banque de France est beaucoup marginalisée au profit du Trésor, comme sanction de sa passivité et de son inefficacité. Jusqu'aux réformes de Michel Debré au milieu des années 1960, c'est le Trésor qui conduit toute la politique de crédit. Les banques ont essentiellement un rôle de collecte.

Au sortir de la seconde guerre l'ensemble des banques ne sont pas nationalisées (comme en France pour les banques de dépôts) mais partout les législations sont particulièrement contraignantes. La législation sépare les différents types d'établissement et encadre strictement le crédit. L'innovation porte sur le développement du compte chèque qui explose en France à partir du moment où la loi impose le versement des salaires dans des comptes bancaires et de la carte de crédit. Commencée aux États-Unis dans les années 50 la carte de crédit se développe en France massivement à partir des années 1970.

Le contrôle des changes est de règle. Les états sont responsables de leur taux de change. La nationalisme bancaire fait le reste : la banque internationale se développe particulièrement doucement principalement à partir de la banque américaine et anglaise.

Le big bang de la finance depuis les années 1980

Avec l'arrivée des changes flottants et le moindre souci de tenir son taux de change, les états relâchent beaucoup leur emprise sur les banques. Parti des États-Unis, relayés par la finance londonienne, un vaste mouvement de dérèglementation du secteur bancaire voit le jour. Les distinctions impératives entre banques de dépôts et banque d'affaires sont supprimées. La banque et l'assurance peuvent se mêler. Les banques peuvent devenir agent de change. Le concept de banque universelle tend à s'imposer en même temps que des concentrations ont lieu. Les pratiques financières changent aussi. Les changes flottants offrent la possibilité pour les banques de couvrir les risques de changes. La spéculation se généralise portant surtout sur les taux d'intérêt, les devises, et l'ensemble des formes d'actifs. On assiste à des mouvements en tout sens : désintermédiation financière d'un côté, hyper-technicité de l'autre. Les hedge funds font leur apparition dans les années 1990. Initialement réservés aux grandes fortunes en mal de sur bénéfices, ils s'ouvrent aux banques dans les années 1980. UBS par exemple possèdera son hedge fund et un département interne avec lequel il est en compétition. Les honoraires prennent une place croissante dans le produit net bancaire, se substituant beaucoup aux bénéfices du crédit. Les bonus se généralisent en même temps que l'activité de salle de marché. L'internationalisation s'accélère beaucoup freinée par des considérations nationalistes. La banque en Europe reste beaucoup «balkanisée».

Le XXIe siècle et sa première crise importante

La crise des subprimes de 2007-2009

Article détaillé : Crise financière de 2007-2009.

La crise financière majeure qui a débuté par la glaciation du marché des CDO puis par le blocage du marché interbancaire remet beaucoup en cause une économie devenue trop beaucoup financière et spéculative[réf.  nécessaire]. La majorité des banques anglo-saxonnes se retrouve en état de quasi faillite et doit être partiellement nationalisée ou renforcée par des capitaux publics. La dérégulation est contestée. Partout «crédit est mort» selon l'expression familière provoquant le blocage de nombreux marchés. Le commerce international pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale entre en régression. La chute est extrêmement brutale. la ruée généralisée vers les dépôts est évitée de peu. Les banques les plus frappées sont celles qui se sont le plus fortement exposées aux risques de la finance moderne : Citigroup, Lehman Brothers, RBS ou encore UBS... La course à la taille, à la polyvalence, à l'internationalisation ainsi qu'à la haute technicité tous azimuts, ont eu de graves conséquences pour certains acteurs.

La crise financière sévère qui se développe depuis le blocage des enchères sur les CDO en juillet 2007[réf.  nécessaire] et qui a pris de l'ampleur avec la faillite de nombreuses banques pendant l'année 2008 jusqu'au krach de septembre 2008 et la faillite de Lehman Brothers, remet en cause l'ensemble des structures du secteur bancaire dans son ensemble. Cela se traduit par un retour massif et imprévu de l'intervention des États dans leur capital, allant jusqu'à la nationalisation de fait dans bien des cas.

Activités d'une banque

La Dansk Bank , banque danoise à Copenhague (Danemark)

La gestion de l'argent et les services proposés aux particuliers ainsi qu'aux ménages

Les banques fournissent aux déposants une série de services :

Dans leur grande majorité, ces opérations sont payantes. L'État, en imposant, par exemple, le paiement des salaires par virement à des comptes bancaires, a rendu obligatoire l'utilisation des services des banques.

Les banques ont créé dans les trente dernières années un réseau particulièrement serré de succursales pour assurer ces services auprès des spécifiques. Cette présence a profondément modifié la physionomie des villes[réf.  nécessaire]. La tendance est de faire exécuter la majorité des opérations non plus par des guichetiers mais par l'usager lui même. Énormément de banques ne fournissent plus de billets à leurs guichets et exigent de passer par les GAB, les distributeurs de billets. Ils impliquent la disposition d'une carte bancaire payante, donnant la possibilité d'un double gain (frais de cartes et économie de personnel). Même la fourniture des extraits de compte est désormais en libre service dans des banques comme la BNP. La poussée d'Internet a permis l'établissement de banques sans succursales mais également le renvoi vers l'internaute, via des procédures sécurisées, de la majorité des opérations relatives au fonctionnement du compte chèque : consultation de la position et des mouvements, virements, demande de chéquiers etc. Les services Internet étant ici aussi le plus souvent payant la banque gagne deux fois[réf.  nécessaire] : économie de personnel et facturation de frais.

En France, les chèques ont longtemps été gratuits, comme une compensation implicite de la non-rémunération des dépôts à vue.

Certains auteurs, comme le prix Nobel français Maurice Allais, ont longtemps bataillé pour que les dépôts ne puissent pas servir de base de prêts dans les banques et que celles-ci facturent au prix du marché leurs services comme la fourniture de moyens de paiements, y compris les chèques. Cette solution éviterait que les détenteurs de comptes tremblent pour leur avoir en banque à chaque crise de confiance. La réduction constante de la part des dépôts dans la ressource bancaire rend cette suggestion moins complexe à admettre par les banques.

La fourniture de crédits et d'instruments de placement

Aux entreprises

Le premier service spécifique des banques aux entreprises est la gestion des traites (LCR, Billet à ordre). L'escompte des traites est une des activités historiques des banques. Elle reste importante en France où la traite a la vie tenace, moins dans d'autres pays. L'escompte des traites est un crédit assez court.

Le crédit documentaire est aussi un crédit sur document qui porte le plus souvent sur des transactions commerciales avec l'étranger.

Le découvert bancaire est devenu progressivement le principal mode de prêt à court terme. Il est le plus souvent accordé en contrepartie de l'obtention de garanties et de cautions sur le patrimoine de l'entreprise ou de ses dirigeants.

Avec la dé-spécialisation, les banques peuvent pratiquer le plus souvent l'ensemble des formes de crédit à plus ou moins long terme, avec des règles prudentielles et des techniques différentes selon les secteurs économiques. Leasing, financement du fonds de roulement, des stocks, des achats d'équipements, des opérations immobilières, la totalité des compartiment de l'actif d'une entreprise peut bénéficier du support des banques.

Les opérations sur le passif qui étaient le privilège des banques d'affaires sont désormais mises en œuvre par l'ensemble des banques universelles.

Il peut s'agir d'introduction en bourse, de LBO, d'émission d'obligation, de cession ou d'achat d'autres entreprises, de prise de participation, de restructuration de l'endettement, de crédit relais, de titrisation de la dette clientèle, etc.

Les entreprises étant actuellement capables de se financer directement sur différents marchés, lsecteur bancaire a réagi en diminuant son rôle de prêteur et en augmentant celui de prestataire de service, sa rémunération dépendant désormais plus de commissions et moins de l'activité de crédit proprement dite[réf.  nécessaire].

En réalité, les banques se sont positionnées à l'ensemble des phases de vie d'une entreprise : naissance, expansion, introduction en bourse, fusions, acquisitions, restructuration, sortie de côte, cession, etc.

Elles peuvent aussi agir sur le crédit à la clientèle des entreprises qu'elles servent. C'est le cas des secteurs immobiliers (on prête simultanément aux promoteurs, aux entreprises ainsi qu'aux acheteurs), de l'aviation (on finance la construction et les achats par les grands clients), l'automobile (on finance les stocks et en même temps l'achat des flottes par les entreprises et le crédit automobile des spécifiques via des filiales spécialisées).

Une des contestations les plus habituelles de ces activités provient des PME-PMI qui contrairement aux grands groupes ont généralement énormément de mal à se faire financer surtout en phase de récession ou de mauvais climat des affaires. Les autorisations de découvert sont toujours retirées provoquant de graves difficultés de trésorerie exogènes et indépendantes de la santé des entreprises en question.

Aux spécifiques

La consanguinité entre gestion de fortune et production de fonds de placement a été fréquemment dénoncé comme source de conflits d'intérêt, la banque pouvant utiliser les mandats de gestion de la gestion de fortune pour faire vivre ses propres produits de placement dans lesquels pouvaient être positionné des produits plus ou moins toxiques.

L'introduction massive des CDO dans les SICAV de trésorerie dites dynamiques a démontré les dangers de l'asymétrie dans la connaissance des risques entre gestionnaires et spécifiques. La banque recevait d'un côté des commissions extrêmement importantes et de l'autre introduisait du risque non perçu par la clientèle.

De même l'introduction de produits d'escroquerie comme les différents fonds Madoff dans les comptes en mandat de gestion en contrepartie de très fortes commissions fait l'objet de sévères critiques, surtout pour les clients de la banque suisse UBS. On s'attend le plus souvent à une certaine prudence ainsi qu'à des vérifications de la réalité des titres intégrés dans les portefeuilles. L'expérience a montré que cette espérance pouvait ne pas être précisément fondée, l'attrait des commissions l'emportant sur toute autre considération.

La banque peut aussi prendre des rémunérations pour placer des titres lors par exemple d'une introduction en bourse et toucher des commissions de mandats sur les portefeuilles qu'elle nourrit de ces titres non pas pour le meilleur soin du client mais pour le sien propre. Le cas le plus caricatural est celui de l'action Wanadoo introduite à particulièrement haut cours par certaines grandes banques françaises puis retirée à moitié prix quelques temps plus tard. Les portefeuilles sous mandat ont été gorgés de ces titres et ont perdu 50 % de leur valeur sans que les épargnants puissent réagir. La banque elle a gagné deux fois sur une opération perdante pour ses clients.

Ces excès expliquent que des voix s'élèvent pour interdire les doubles rémunérations par les gestionnaires de fortune. Toucher à la fois des honoraires de gestion et aussi des courtages et des honoraires sur les titres positionnés est-il acceptable ? Même si la réalité de ces opérations est partiellement masqué par le fait que ce sont des parties différents de la banque ou alors des filiales différentes qui assurent ces doubles rémunérations ?

Un autre aspect de cette problématique tient aux activités de gestion pour compte propre de la banque qui peut spéculer et acquérir des titres dangereux qu'il est facile de refiler aux comptes en gestion de fortune. Il a été noté aux États Unis qu'une bonne part des produits titrisés à haut risque et hautes commissions ont en premier lieu été monté dans le cadre de la gestion pour compte propre avant d'être vendu avec commission aux épargnants. Des procès en cours en Suisse contre l'UBS pour des opérations du même genre (création d'ABS puis cession aux petits épargnants.

À l'État

Depuis que la Banque centrale ne peut plus directement financer le Trésor Public par la création de monnaie, une norme qui s'est progressivement généralisée et qui est appliquée surtout par la BCE en application de l'article 104 du Traité de Maastricht, ce sont les banques commerciales et le marché monétaire qui financent les déficits publics. Des pays qui comme la France sont en situation de déficits constants quasiment depuis la crise de 1974 ont vu leur endettement s'envoler et représenter une part croissante du produit net bancaire. En France le crédit aux collectivités locales s'est aussi énormément accru en proportion de l'extension énorme de leurs budgets depuis la décentralisation.

Ici encore, de nombreuses voix s'élèvent contre une activité de prêt quasiment captive qui voit la banque bénéficier pour son compte propre de la rente de création de monnaie au détriment de l'État, tandis que le seigneuriage sur un financement en billets serait acquis à l'État.

La fourniture de garanties, cautions, et protections diverses

La bancassurance

Typologie

La typologie des banques, forte quand la loi en imposait les contours, s'est énormément relâchée à partir des années 1980, au profit d'une banque-assurance universelle prenant la forme de mastodontes aux limites mal identifiées. Ce qu'on nomme actuellement «banque» est généralement un conglomérat financier qui ne gère pas que des activités bancaires au sens légal du terme.

Par métier

La totalité des banques, chapeauté par la banque centrale, forme le secteur bancaire d'une zone monétaire. On peut distinguer ainsi différents types de banques selon leur rôle.

Une banque centrale a pour rôle de réglementer et superviser les opérations des différentes banques, de veiller à leur solvabilité à l'égard des déposants, de superviser la production de monnaie par ces banques, et d'en réguler l'usage par le biais du taux directeur. La théorie économique y voit un moyen de réguler la croissance, via l'incitation à l'épargne ou à la consommation, et d'agir sur l'inflation.

Les banques de dépôt (en anglais : commercial banks) travaillent principalement avec leurs clients, spécifiques, professionnels et entreprises, reçoivent des dépôts, accordent des prêts et sont habituellement scindées entre la banque de détail (en anglais, retail banking) destinée aux particuliers, aux professionnels ainsi qu'aux petites et moyennes entreprises, ou la banque d'affaires (en anglais, wholesale banking) destinées aux moyennes et grandes entreprises. La banque d'investissement (en anglais, investment banking) est active sur les marchés financiers, se chargeant des opérations financières comme les émissions d'emprunts obligataires, les souscriptions d'actions, l'introductions en bourse, les fusions-acquisitions, etc.

De plus en plus, les banques de détail et d'investissement sont de simples filiales de groupes diversifiés qui intègrent quelquefois l'assurance, la gestion de fonds de placement ou d'autres activités financières. Souvent, ceux-ci rattachent à la filiale banque d'investissement les activités de banque d'affaires.

Aux États-Unis, le Banking Act de 1933, plus connu sous le nom de Glass-Steagall Act, a imposé une stricte séparation entre les activités de banque de détail, qui reçoit les dépôts et qui effectue des prêts et de banque d'investissement, qui exécute des opérations sur titres et valeurs mobilières. Adoptée à l'apogée de la crise de 1929, cette loi visait à interdire la répétition de ce qui, à l'époque, était perçu dans l'opinion comme l'une des causes de la bulle boursière et la spéculation sur les actions par les banques de détail. Battu en brèche depuis la dérèglementation des marchés financiers américains le 1er mai 1975, le Glass-Steagall Act est tombé progressivement [réf.  nécessaire] en désuétude et a fini par disparaître à l'automne 1999 (Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999) pour permettre la constitution aux États-Unis de grandes banques universelles, comme Citigroup.

Il existe des banques spécialisées dans un segment d'activité spécifique, fréquemment issues d'une ancienne règlementation ou, en France, de la distribution dans le passé de certains prêts bonifiés :

Par type d'actionnariat

On peut distinguer aussi les banques selon leur actionnariat.

Dans chaque pays, il existe un ou plusieurs organismes professionnels qui représentent les banques, quelquefois selon leur type. La Fédération bancaire française est l'organisation professionnelle qui représente l'ensemble des banques installées en France : commerciales, coopératives ou mutualistes, françaises ou étrangères.

Comment une banque gagne de l'argent

Le produit net bancaire des banques est la différence entre le chiffre d'affaires et les charges. Il provient :

Régulation

En dehors des banques centrales déjà citées plus haut, les établissements financiers sont soumis à l'autorité de différents organismes de tutelle et de régulation, selon les pays et les réglementations. L'Union européenne a mis en place le CESR, Committee of European Securities Regulators et le CEBS Comittee of European Banking Supervisors.

En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) regroupe l'ancienne Commission des opérations de bourse et le Conseil des marchés financiers. L'AMF représente la France au sein du CESR de l'Union européenne. Le Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement (CECEI) dépend de la Banque de France et est chargé de délivrer les agréments aux nouveaux établissements. La supervision prudentielle et le contrôle des établissements de crédit est confiée à la Commission bancaire dont le secrétariat est assurée par la Banque de France.

Aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) est l'équivalent de l'AMF française.

Au niveau international, l'Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV ou IOSCO, selon l'acronyme de son nom anglais, International Organization of Securities Commissions) regroupe les autorités de marché (l'AMF pour la France, la SEC pour les États-Unis…). La Banque des règlements internationaux (BRI ou BIS, selon l'acronyme de son nom anglais Bank for International Settlements) est «la banque centrale des banques centrales» et est à l'origine des accords de Bâle.

Les associations de défense des consommateurs peuvent apporter leur soutien aux clients des banques pour les aider à faire valoir leurs droits, par exemple en cas de découvert sans avertissement et de non-respect des procédures (comme la loi Scrivener en France). Elles peuvent surtout préparer la défense des consommateurs devant les tribunaux d'instance et assigner une banque devant ces mêmes tribunaux. Les principales associations de défense des consommateurs face aux banques sont l'Association française des usagers de la banque (AFUB) [5] ou l'Association contre les abus des banques européennes (ACABE) [6].

Critiques

Critiques concernant le service au client

Parmi les critiques, on relève celles avançant :

Critiques concernant le rôle dans l'économie

Parmi les critiques, on relève celles avançant :

Le débat sur la place des activités financières, essentiellement réalisées par les banques, dans l'économie ressort à chaque crise financière. En France, le débat agite ainsi le monde intellectuel, après la première vague de libéralisation des marché. Le Monde Affaires du 28 février 1987 titre ainsi, L'industrie malade de la finance. L'idée sera repris dans les polémiques qui concernent le krach boursier d'octobre 1987. Parmi ses critiques figurent l'économiste libéral Bertrand Jacquillat [10] et le banquier Gérard Worms [11].

Après l'explosion de la crise des subprimes de 2007-2008, de nombreux observateurs ont de nouveau mis en cause, à travers le monde, le poids du secteur bancaire et financier au sein de l'économie. Certaines études suggèrent que des déséquilibres trop importants en faveur de la sphère financière sont annonciateurs de crises graves :

La crise bancaire qui s'approfondit depuis l'été 2007 et qui a conduit à partir de la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 à la quasi faillite de la plupart d'établissements, dont énormément ont du être nationalisées en tout ou en partie, surtout en Grande-Bretagne, a génèré une grande accélération de la contestation des banques et de leurs pratiques qui débouchera probablement sur des réformes importantes et en tout cas sur la fin de la dérégulation mise en place à partir des années 1980. Les banques ont bénéficié de plans de relance garantissant une part majeure des prêts accordés aux PME, à travers des organismes tels qu'Oséo en France et la mise en place d'un médiateur du crédit.

Controverses diverses

Les banques dans certains pays

Les banques aux États-Unis

Fin 2007, on compte 7 282 banques commerciales, 1 251 caisses d'épargne et 8 101 coopératives de crédit [19].

Les banques en France

En France, en 2001, il existait 1 068 établissements de crédit[20]. La moitié des établissements de crédit sont des banques[21]. Ils représentent :

Notes et références

  1. Alain Rey (dir), Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, 1998, p. 320.
  2. Jean Favier, De l'Or et des épices : naissance de l'homme d'affaires au Moyen âge, Fayard, Hachette Littératures, coll. Pluriel Histoire, 1987, p. 289.
  3. Les créances commerciales escomptables sur la place de Londres ou auprès de la Banque de France.
  4. H. BONIN, La banque et les banquiers en France, Larousse 1992, ISBN 2-03-720220-2
  5. L'Association Française des Usagers de la Banque (AFUB)
  6. L'Association contre les Abus des Banques Europeennes (ACABE) . À noter la forte progression des demandes d'aide auprès de l'ACABE.
  7. Fonds de Garantie des Dépôts, site officiel : http ://www. garantiedesdepots. fr/spip/spip. php?article6&id_rubrique=6
  8. European Forum of Deposit Insurers http ://www. efdi. net/participantsDetails. asp?IdParticipants=1&Category=members
  9. Deposit Guarantee Systems : EFDI's First Report (Manuela De Cesare 2006) http ://www. efdi. net/scarica. aspx?id=102&Types=DOCUMENTS
  10. Bertrand Jacquillat, L'industrie malade de la finance, une déclinaison du mythe, Lettre d'Information de l'AFFI n° 29, Avril 1987
  11. Etude citée par l'économiste Esther Duflo (MIT, Ecole d'économie de Paris), in Libération, 7 octobre 2008, page 37.
  12. in Libération, 7 octobre 2008, page 37.
  13. in Libération, 7 octobre 2008, page 37
  14. Etude citée par Esther Duflo in Libération, 7 octobre 2008, page 37
  15. présentation sur le site du producteur - revue de presse
  16. http ://www. revuebanquelibrairie. com/book/banques-marches-financiers-18/banque-et-operations-bancaires-19/votre-argent-les-interesse-comment-banquiers-et-assureurs-profitent-de-vous-9782221107010
  17. Site officiel - RTBF
  18. [image] (en) Statistics of Banking 2007
  19. cf. «Le dispositif bancaire français», site de l'Ambassade de France aux États-Unis d'Amérique
  20. «Qu'est-ce qu'une banque ?», Institut de recherches et prospective postales
  21. «Les chiffres du secteur bancaire», Fédération bancaire française

Voir aussi

Techniques

Institutions

Banquiers célèbres

Liens externes

Bibliographie

Ouvrages anciens

Ouvrages contemporains

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"A la banque"

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